Depuis le début de sa carrière, Mylène a parsemé à plusieurs reprises des connotations violentes, au sens large, dans son ½uvre artistique, directement ou indirectement. La violence est une des composantes de son univers, bien qu'elle apparaisse sous des formes diverses. Mylène n'a jamais caché son goût de la provocation, mais a toujours affirmé ne jamais provoquer gratuitement. Ses choix ne sont jamais anodins et ne recherchent en aucun cas à acquérir une dimension uniquement commerciale.
Pour son premier clip, Maman a tort, Mylène pose le décor de son univers avec comme thème la violence et la provocation, en plus de l'érotisme. En effet, alors qu'elle est entourée d'enfants, sa tête décapitée figure sur une table. Le clip fait légitiment penser à l'ambiance angoissante de la folie, puisque les tourments intérieurs de la chanson sont déjà présents. Jugé trop violent par certains médias, le clip sera censuré durant certaines émissions.
Dans son second clip, Plus grandir, la violence revêt plusieurs aspects. Le premier fait part de la violence sexuelle. En effet, alors que Mylène dort paisiblement dans son lit, sous les yeux prétendument bienveillants de la vierge Marie (rappelons que le clip se déroule dans un pensionnant religieux), un homme s'introduit dans sa chambre. Celui-ci la violente physiquement et sexuellement, du moins dans un premier temps, puisque Mylène semble accepter la situation, soit par réelle volonté ou obligation de soumission au « sexe fort ». La seconde facette que prend la violence est celle des mauvais traitements dans les couvents et autres institutions religieuses. Après avoir découvert le « pêché de chair » commis par Mylène, les deux nonnes naines la punissent en lui infligeant des châtiments physiques. On peut ici songer aux conditions parfois déplorables réservées aux pensionnaires dans ce type d'établissement. Le clip sera d'ailleurs censuré, en raison du mélange de sexe, de violence, de religion et de mort.
Dans We'll never, texte signé par Laurent Boutonnat, le thème central est l'Intifada, la guerre des pierres:"Tu seras un ange là-bas, Au nom d'Allah, alléluia, We'll never die !". Bien évidemment, il est ici question des absurdités et horreurs engendrées par la guerre et la bêtise humaine:"Ton sang lavera nos fronts, Les vautours t'embrasseront, We'll never die !", (...), T'as fait la guerre pour ta mère, Elle t'a mis au monde en terre !, We'll never die !"
Libertine, clip magistral devenu culte, met en scène l'héroïne éponyme dans un univers érotique et violent à souhait. Le clip s'ouvre sur une scène de duel, pratique particulièrement agressive qui sera interdite rapidement. Mylène, habillée en homme, abat froidement son rival. Alors qu'elle évolue dans un luxueux château, sa rivale, l'amante de l'homme tué, s'en prend violemment à elle. S'ensuit alors une redoutable scène de combat entre femmes, où coups, blessures et bouteilles en verre volent. La dernière scène du clip montre Mylène et son nouvel amant rencontré durant la soirée assassinés par la rivale et couverts de sang.
Avec Tristana, la violence se retrouve dans les paroles et dans le clip. Il s'agit d'une référence au film du même nom du réalisateur espagnol Luis Bunuel. Le texte comporte les vers suivants : « Du sang qui coule des corps qui se cassent » (...) « Pourquoi faut-il payer de ses veines ? ». Ces vers font clairement référence aux affres physiques que connaissent Tristana dans le film de Bunuel. Quant au clip, il reprend le conte de Blanche-neige avec pour toile de fond la révolution soviétique. Tristana, jeune paysanne dotée d'une beauté rare et pure est convoitée par une tsarine avide et cruelle. Elle confie donc son serviteur, un moine, afin qu'il tue la jeune femme. Tandis que Tristana gambade avec Rasoukine, son bien-aimé, dans la forêt, le moine et ses cosaques tranchent la joue de Rasoukine, ce qui laisse alors voir son sang couler et gicler. Quand la tsarine se rend à la demeure des nains, qui ont recueilli Tristana, elle assassine Tristana d'une épée et le sang gicle sur un portrait de Karl Marx. Cependant, elle et le moine périront, tuer par les loups. On constatera que la violence est fréquemment associée à d'autres thèmes, comme le sexe et l'amour, tout au long de la carrière de Mylène.
Lors de l'émission Mon Zénith à moi, Mylène n'hésitera pas à évoquer ses fantasmes morbides, voire violents. En effet, elle confie avoir une véritable attirance pour la violence et les images choquantes, notamment les exécutions et pendaisons, à la limite du sadisme, comme le dira Mylène elle-même. Cette fascination peut paraître très dérangeante pour certaines personnes, mais Mylène précise quand même qu'il s'agit d'un intérêt, sans pour autant approuver.
Le clip Pourvu qu'elles soient douces, suite de Libertine, a pour toile de fond la Guerre de 7 ans. Il est donc logique que des images violentes habitent le clip. Outre la scène de la fessée, Mylène assène le capitaine Parker avec un tesson de bouteille. La fin met en scène une magistrale bataille entre soldats français et britanniques, tandis que la rivale de Libertine tue à son tour l'amant de Libertine, avec une arme à feu. A nouveau, les deux femmes se battent violemment.
Avec Sans logique, Mylène évoque clairement la violence dans son texte. En effet, la chanson a pour thème la dualité entre le Bien et le Mal, la folie et le dédoublement de personnalité. Sous l'apparence innocente se cache une facette bien plus sombre, voire dangereuse : « Mon silence est meurtrier, Vous me découvrez blafarde, Fixée à vos yeux si tendres, Je pourrais bien par mégarde, D'un ciseau les fendre ». Le clip reprend cet aspect violent, puisqu'il met en scène une corrida humaine. En face d'un public âgé, Mylène est parée d'une couronne à cornes de taureau. Lors du spectacle malsain, le public jette des pièces, que les enfants ramassent. A la fin du clip, elle transperce son amant, le tuant après qu'il ait agonisé. Sur la dernière image, Mylène pleure une larme de sang. Le message du clip semble être le suivant : le monde des adultes est résolument corrompu et violent.
A l'occasion de retour en 1991 avec Désenchantée, Mylène propose un clip dont toute l'ambiance est violente. Tout d'abord, le clip se déroule dans un camp de travail forcé, tel un camp de concentration ou d'une goulag. Arrivée au camp, après avoir été malmenée par les gardiens, l'accueil qui lui est réservé de la part des autres prisonniers est aussi glacial que le climat. Après avoir été lapidée par des boules de neige et des pierres, un jeune garçon lui vole son béret après l'avoir violemment frappée. Les conditions de détention sont déplorables. Un vieil homme handicapé est attaché dehors et contraint d'avaler une étrange nourriture, un enfant est battu par les gardiens. Lors du repas, lasse de voir tant d'oppression et d'inhumanité, Mylène se lance dans une mutinerie, en devenant l'instigatrice de cette révolte. Les prisonniers suivent Mylène dans sa décision et détruisent tout le matériel et attaquent physiquement les gardiens. Armés, les prisonniers, y compris le jeune garçon qui porte une mitraillette, abattent les gardiens et saccagent le camp, leur prison et galère. Mais la fin du clip demeure très pessimiste, puisqu'une fois libres et face à l'immense pleine enneigée, les détenus semblent totalement démunis, sans aucune perspective d'avenir. Ce clip reste l'un des plus sombres de Mylène, mais aussi un des plus violents. A nouveau, le monde des adultes est associé à la corruption et à la violence. De plus, la lutte semble vaine et tout espoir d'une vie meilleure semble utopique. La nature humaine est résolument noire et violente.
Dans le clip Je t'aime mélancolie, Mylène, vêtue de manière très sexy avec un porte-jarretelles, exécute un combat de box face à un imposant boxer. Alors que le combat débute, les règles traditionnelles semblent occultées. Mylène reçoit des coups violents de la part de son adversaire. Après une séance de soutien spirituel, l'avantage va à Mylène, qui termine par remporter le match. Mais là encore, la fin se finit de façon triste, puisqu'elle se retrouve seule, telle désarmée face aux tracas de la vie. On peut percevoir une métaphore d'un combat entre les sexes. Dans un premier temps, l'homme est supérieur à la femme, du moins physiquement. Mais comme elle le dira quelques années plus tard dans Méfie-toi, « Au jeu du corps à corps, L'esprit est bien plus fort » (...), « La force est féminine ».
Avec Beyond my control, Mylène atteint un nouveau paroxysme. Le thème de la chanson est celui de l'amour passionnel amenant à commettre le crime passionnel. Inspirée du film Les liaisons dangereuses, la chanson comporte plusieurs vers particulièrement violents. Ainsi, lorsque Mylène susurre « Je n'comprends plus pourquoi, J'ai du sang sur mes doigts », elle évoque le meurtre qu'elle vient de commettre: "Il faut que je ta rassure, Je soignerai bien tes blessures / mon amour, (...), Je veillerai ta sépulture / mon amour », autrement dit celui de son amant. Le clip sera lui bien plus choquant. Outre les images érotiques à la limite de la pornographie, les images de vampirisme et de loups dévorant de la chair humaine choqueront elle aussi. Mylène incarne une femme vampire, qui tue son amant après avoir découvert l'infidélité de ce dernier. Elle lui suce le sang, le tue et jette sa carcasse aux loups, qui le dévorent. La scène du bûcher symbolise quant à elle la douleur causée par cet amour déchu et trahi. Cette fusion entre sexe, sang et vampirisme n'aura pas plus, puisque le clip sera totalement interdit de diffusion diurne. On voit à nouveau que le sexe et l'amour sont fatalement destinés à une fin violente et tragique.
Que mon c½ur lâche évoque le SIDA et le désarroi et la perversion de l'amour. Le clip reprend ce thème. Incarnant un ange, Mylène est envoyée sur scène par Dieu pour constater l'ampleur des dégâts causée par la perversion. Elle assiste à une scène de violence conjugale, où une femme est giflée et violemment grondée, où son conjoint lui hurle dessus. En guise de vengeance et de punition, Mylène gifle à son tour l'homme violent. A l'entrée de la fameuse boîte de nuit intitulée Q, un gardien hostile refuse certains hommes avec des baffes fortes. A la fin du clip, elle finit par entrer dans cette mystérieuse boîte, où se côtoient tous les fantasmes sexuels. Dans ce clip, le sexe est explicitement associé à la violence, comme auparavant. La maladie a jeté une aura négative sur le sexe, déjà considéré comme tabous avant.
Giorgino, le premier long-métrage de Laurent Boutonnat et premier film avec Mylène, atteint un sommet inégalable de violence et de mal-aise. Les thèmes fondateurs du tandem se retrouvent dans ce film inaccessible et étrange : la folie, la guerre, le sexe, l'enfance ou encore la mort. La guerre est à nouveau la toile de fond principale. Rappelons que la Première guerre mondiale est particulièrement atroce, notamment dans les combats des tranchées. A plusieurs reprises, le film démontre des images réellement violentes et choquantes. Lorsque Giorgio se rend à l'hôpital psychiatrique à la recherche du docteur Degrâce, il est contraint de passer par les sous-sols infâmes où évoluent des fous, dans des conditions effroyables, même pas dignes d'animaux tels que les rats. Complètement aliénés, ils vivent dans leurs immondices et sans lumière. On retrouve aussi le thème tabou du suicide, puisque la mère de Catherine s'est suicidée par pendaison. Les femmes, ayant appris le suicide de madame Degrâce, refusent de lui accorder des funérailles, car le suicide est le seul acte impardonnable par l'Eglise. De colère, Catherine se venge en soufflant les bougies allumées en l'honneur des hommes partis à la guerre. Les femmes du village frappent alors Catherine, alors étendue sur le sol tout en sang. Les scènes des traitements de l'époque pour les internés sont aussi spécialement choquantes. On voit notamment le supplice de la douche froide, où les personnes enfermées hurlent éperdument. Le sexe est aussi lié à la violence. Alors que Giorgio tente une première fois de faire l'amour à Catherine, celle-ci le repousse violemment, après avoir saigné. Puis lorsqu'elle tente de se suicider par pendaison, il la pénètre violemment. Cette scène peut choquer, puisqu'il peut évoquer une métaphore de la nécrophilie. Comme on le sait, Giorgino sera un échec cuisant. Peut-être la dureté de certaines images et l'inaccessibilité du film au grand public expliquent ce douloureux revers.
Avec le clip California, Mylène a choisi un réalisateur connu pour ses films violents et dérangeants : Abel Ferrara. Mylène incarne deux prostituées, mais de milieux totalement différents, ou une prostituée des bas-fonds et une femme de la haute bourgeoisie. La violence sexiste est ici très présente. En effet, le mac de la prostituée des bas-fonds est violent verbalement et physiquement. Après cette altercation, il n'hésite pas à l'embrasser dans le cou. Le second couple, d'un milieu très aisé, se dispute également. Leurs regards vont se croiser sur un boulevard, comme si elles se connaissaient. La prostituée « bas de gamme » est violentée avec un couteau par son souteneur, qui l'estime pas assez concentrée à son travail. La femme luxueuse essaye de la rejoindre, mais son ami l'en empêche. C'est alors qu'elle le gifle. Dans une soirée mondaine, elle change d'apparence, puisqu'elle se dénude sa tenue et se rend sur le trottoir où elle a rencontré sa jumelle. On constate alors qu'elle est décédée, assassinée par son mac. Pour assouvir son envie de vengeance, elle séduite le mac puis le tue en le poignardant avec sa pince à cheveux, symbole de féminité. A nouveau, le clip traite de la violence machiste, que les hommes font subir aux femmes. L'homme, se croyant supérieur, profite de la femme, physiquement et financièrement, puisque le mac exploite la prostituée. Le sexe est encore une fois associé à la violence, puisque la prostitution est une activité violente et dégradante et que l'homme n'hésite pas à recourir à sa force pour assouvir ses désirs sexuels. Cette dualité entre féminin est masculin était déjà présente dans Je t'aime mélancolie.
Comme j'ai mal met en scène la violence infligée aux enfants, autre forme de violence scandaleuse avec celle infligée aux femmes. Tandis que Mylène, seule, se trouve dans un placard, on aperçoit une petite fille en compagnie d'insectes. Soudain, un homme, sans doute son père, entre dans sa chambre et saccage rudement la pièce, tout en vociférant. L'homme sort également sa ceinture dans le but de frapper la fillette. On voit aussi un plan qui montre une femme apeurée, sûrement la mère de la petite fille, également martyrisée par son mari. Libérant ses amis insectes, elle se métamorphose en femme-insecte, qui s'avère être Mylène. On aperçoit à nouveau l'homme, qui semble rongé par la culpabilité de voir sa fille partie. L'enfance, autre thème très régulier chez Mylène, est victime de la violence des adultes et de leur stupidité.
En 1999, Mylène revient avec L'âme-stram-gram comme premier single de son nouvel album Innamoramento. Pour l'occasion, il offre un de ses plus beaux clips et l'un de ses plus réussis, à l'allure d'un court-métrage. Tourné en Chine, il met en scène deux jumelles batifolant avec des voiles colorés dans un jardin édénique. Soudain, une horde cavalier barbare, tels les Huns, débarquement brutalement et les séparent. Tandis qu'une des jumelles est enlevée, l'autre est frappée violemment à la tête et s'évanouit. La scène qui suit met en scène des images dures de torture et de pendaison. L'autre jumelle parvient à rejoindre sa moitié, en se suicidant. Mais étant maintenant un esprit, il rejoindre l'au-delà, ce qui cause le désespoir de sa s½ur, qui met à son tour fin à ses jours. Ce clip aborde le thème de la violence masculine à l'encontre des femmes, et la violence de l'âme humaine en général, puisqu'il illustre des scènes d'exécution et de torture particulièrement dures. Mylène s'est très souvent intéressé à au côté obscur de l'âme humaine et est très souvent tournée vers la face sombre du monde.
Avec Je te rends ton amour, Mylène subit à nouveau la censure. En effet, le mélange de sexe, de sang, de violence et de religion n'aura pas du tout plu au CSA et à un comité de mères de famille catholiques. Se déroulant dans une abbaye, Mylène incarne une femme aveugle. Suivant de très près par un abbé aux yeux rouges, qui s'avère être démoniaque, elle se rend au confessionnal. Du sang commence à couler de ses bras, telles des stigmates, et de ses cuisses, métaphore de la souillure sexuelle lors du premier rapport sexuel. Le démon la saisit alors brutalement. Mylène, nue recouverte de sang, au côté d'une marre de sang qui coule abondamment, est violée par le prêtre diabolique. On aperçoit aussi Mylène complètement ensanglantée sur une croix, tel le Christ. Lorsque le démon repart, il plonge sa main dans un bénitier plein de sang et laisse Mylène, désormais nue, baigner dans cette immense marre de sang, où elle dépose son alliance. Elle repart, mais sous une autre apparence. Elle est habillée d'une longue robe noire, les cheveux libres et a retrouvé la vue. Ce clip, l'un des plus beaux de sa carrière, mais aussi l'un des plus choquants, sera totalement interdit de diffusion intégrale le jour. La religion a souvent été abordé sous un mauvais angle, comme cruellement absente et illusoire, tout comme le sexe, ici montré sous un mauvais jour.
Optimistique-moi est l'un des textes de Mylène les mieux rodés, car parfaitement rédigés, même si toujours très mystérieux. Il semble que le thème principal soit l'inceste et les rapports difficiles entre parents et enfant. Le refrain peut faire légitimement penser à des mauvais traitements, suivis d'attouchements sexuels. Ainsi, le vers « Petit bouton de rose, Aux pétales humides, Un baiser je dépose » semble évoquer l'affection débordante que porte le père à sa fille...Mais il semble que la victime subisse aussi des coups physiques « Qu'aussitôt, tes câlins, Cessent toute ecchymose ». En plus d'entendre clairement le mot « inceste » à la suite de ses mots, les fameux « câlins » semblent atténuer des violences physiques, perpétrées soit par le père, ou alors une autre personne, la mère par exemple. Optimistique-moi est non seulement l'un de ses textes les plus opaques, mais aussi l'un des plus fascinants, car on ne connaît pas la véritable signification des paroles.
En 2001, pour la sortie de son premier véritable best of intitulé Les mots, Mylène choisit la célèbre photographe allemande Ellen Von Unwerth. Outre les accusations qui prétendent que Mylène prône le porno-chic où elle pose de manière sexy et sensuelle (signalons que c'est une absurdité totale, puisque le vrai porno-chic, ce n'est pas Mylène, loin de là !, même si les clichés sont effectivement suggestifs), certaines photos interpellent également. Le best-of sortira peu de temps après le choc causé par les attentats du 11 septembre. Les photos montrant Mylène portant une arme, plus précisément une mitraillette, peuvent choquer. Sur certaines photos, elle tient son arme fièrement ou alors en souriant. Certains fans n'hésiteront pas, en raison du contexte délicat des attentats, de qualifier ces clichés de violence gratuite et d'images de guerre. La série de photos du best-of semble être une rétrospective de sa carrière et c'est sans doute pour cette raison que Mylène reprend cette image violente, similaire à celle présente dans le clip Désenchantée par exemple.
Avec Fuck them all, Mylène véhicule un message féministe. Plus précisément, elle évoque le sort douloureux bien trop souvent réservé aux femmes dans le monde, notamment les violences infligées par les hommes. Tout d'abord, le titre, choquant au premier abord, s'adresse à la gente masculine. Les femmes sont érigées telles des martyres, comme l'expliquent les vers suivants : « Faire...de leur vie un empire, Blood and tears !, Faire l'amour à Marie, Blood and tears !, Et « Marie » est martyre, Blood and tears, Sur le mur nos soupirs ». Il est ici question de l'utilisation des femmes par les hommes pour parvenir à leurs fins, mais aussi de la violence conjugale. Par ailleurs, Marie peut symboliser la Vierge ou alors l'actrice Marie Trintignant, morte sous les coups de son conjoint Bertrand Cantat. Le refrain rappelle cette agressivité commise par les hommes sur les femmes : « Faites l'amour, Nous la guerre, Nos vies à l'envers, (...), Saigner : notre enfer !, (...), Blood and soul, Faites le nous !, Dans le texte, Le sang c'est le sexe ». Les rôles sont inversés, les femmes partent en guerre contre les hommes, pour mettre un terme à tant d'oppression. On note à nouveau l'importance du sang, symbole des violences physiques, et même sexuelles dans le dernier vers. Le fameux bridge en anglais lors du pont musical est volontairement vulgaire et violent. En effet, le discours misogyne qu'est « Hey bitch, You're not on the list, You suck, You witch, You bitch, What's you name again?” est un triste constat sur les propos tenus par certains hommes. En français, cela donne : « Hey salope, T'es pas sur la liste, Tu crains (ou tu suces), Toi sorcière, Toi salope, C'est quoi ton nom déjà ? ». Le message est suffisamment clair. Le sexisme et la misogynie sont actuellement en plein essor, notamment dans le milieu hip-hop, la publicité porno-chic et dans la pornographie. Ainsi, les femmes ne sont que de vulgaires objets et des salopes, qui ne méritent pas le respect (pardonnez-moi l'expression), destinées à assouvir les pulsions sexuelles des hommes. Mylène a écrit là un texte féministe de manière explicite. Le clip reprend ce message de dualité entre féminin et masculin. On retrouve à nouveau le thème du double, puisque Mylène apparaît sous deux personnages. Le premier la représente en cavalière vengeresse, et la seconde la dépeint en femme prisonnière et martyre. Pour contenter son envie de vengeance, elle se munit d'un sabre et abat et décapite les épouvantails. Il peut s'agit d'une allégorie des hommes, si l'on se réfère au propos de la chanson. Selon l'artiste suisse Marcial Leiter, créateur des épouvantails, ils symbolisent le côté noir de l'être humain. Mais les lectures du clip sont variées, même si la violence occupe une place importante.
Avec le clip Peut-être toi, constitué entièrement de dessins-animés tel un manga, particulièrement réussi d'ailleurs, on retrouve le thème de la guerre et de la violence engendrée par les hommes. Prisonnière d'un joug composé d'une armée de soldats de robots, elle est libérée par son partenaire et aussi amants. Ensemble, ils affrontent un bataillon de soldats destructeurs et armés. A la fin du clip, le couple, apparemment sain et sauf, est transpercé d'une flèche, métaphore de la flèche du Cupidon, et donc de l'amour. L'amour, sentiment puissante mais aussi dévastateur, est inexorablement lié à la violence et la perte. On peut également entretenir une parallèle avec la fatalité du mauvais côté de la nature humaine.
La violence occupe une place essentielle dans la carrière de Mylène. Qu'il s'agisse de ses clips ou de ses textes, les différentes formes de violence ont été abordées à plusieurs reprises. C'est l'une des raisons pour laquelle son ½uvre est unique, car elle aborde des thèmes douloureux, voire tabous, toujours avec son talent si particulier.
Un immense merci à Mylenexxl pour le magnifique gif, comme toujours^^