Plus précisément, Eros est l'amour où lorsqu'on obtient la personne désirée (lorsqu'on est en couple ou en relation sentimentale quelconque) on finit par s'ennuyer et lorsqu'on ne possède pas ce qu'on convoite (la personne aimée), on souffre. En somme, on reprend une notion essentielle du bouddhisme que l'on retrouve dans la mythologie grecque : le désir est source de souffrance lorsqu'on ne possède pas ce que l'on souhaite. En Grèce, le mythe de Tantale est le suivant : Tantale est un homme qui ne parvenait jamais à assouvir sa soif et sa faim. Cette métaphore peut s'appliquer dans la relation amoureuse.
Il est évident que lors de la phase d'amour passionnel, nos sentiments sont très forts et dépassent même parfois la raison. Même cet amour là est égoïste quelque part, car par exemple, on ne supporterait pas de voir l'autre nous quitter pour vivre une histoire amoureuse avec quelqu'un d'autre. On ne parvient pas à souhaiter le bonheur de l'autre, car on souffre indéniablement. Cet amour est donc basé sur le plaisir personnel au détriment du bien-être de l'autre. De plus, il arrive quasiment toujours (les exceptions existent et confirment la règle) un moment où cette passion s'amenuise et diminue considérablement. La passion cède sa place à la monotonie et à l'ennui. Certes, l'amour est un sentiment complexe et les situations diffèrent considérablement. On ne peut porter un jugement cartésien sur les sentiments, mais il est indéniable qu'on retrouve certaines caractéristiques dans tous les cas, si on ne compte pas les très rares exceptions, tôt ou tard, la passion cesse de perdurer. L'amour est un sentiment traitre, dont il faut se méfier. Souvent, il sème des dégâts bien plus lourds qu'on l'aurait pensé.
Eros cherche à être heureux personnellement. Cet amour, le seul véritable, est un mélange d'égoïsme, de passion malsain, de jalousie, causant soit la souffrance ou l'ennui. En fait, lorsqu'on s'ennuie, qu'on a obtenu ce que l'on désirait, cela s'appelle un couple. Cet extrait d'un passage du philosophe français contemporain Comte-Sponville est plus que vrai.
Par propre expérience, je pense que l'amour réciproque est très rare, voire utopique. En effet, il me semble impossible que chaque personne s'aime de la même façon et en intensité égale. Soit une personne est trop attachée, soit l'autre ne l'est pas et n'y parvient pas, malgré les efforts donnés. La vie de couple comporte aussi ses inconvénients, fait inévitable certes, mais dissuasif si on y songe. J'avais déjà une vision négative, parce que je ne pensais jamais pouvoir connaître l'amour, une relation amoureuse où l'autre m'aimerait. Je l'ai connue mais j'ai été insatisfaite, car je n'étais pas amoureuse. Cette expérience confirme mon hypothèse. Je reste donc convaincue que l'amour idéal décrit dans bon nombre de romans n'existe pas, ou alors il est très dur de le trouver. Néanmoins, on a besoin d'affection, mais à quoi bon continuer une relation si on n'est pas impliqué, voire blasé... ?
Actuellement, je vis bien mon célibat et ne me lamente plus. Ainsi, j'évite de me prendre la tête et de trop me questionner. Je crois qu'il est inutile et malsain de constamment chercher l'âme s½ur et encore plus de se forcer à rester avec quelqu'un qu'on n'aime pas, dans son propre intérêt et celui de l'autre. Pour ma part; il faut surtout ne pas oublier qu'il y a des choses bien plus importantes ! Il s agit de la vision que j ai de l amour. C est un sentiment noble et humain; mais sournois.
