Depuis le début de sa carrière, ce combat semble présent. Dans le clip Plus grandir, Mylène se trouve dans un couvent et redoute de grandir et de mourir. Une nuit, un homme s'introduit dans son lit et la viole. Mais après, Mylène consentit à cet acte, sous le regard outré de la Vierge et des deux s½urs religieuses, qui la puniront en la frappant. Malgré le consentement à l'acte sexuel, ce clip dénonce l'une des plus grandes brimades des femmes: le manque de liberté sexuelle. Les religions, dont le christianisme qui est la religion illustrée dans ce clip, perçoivent la sexualité d'un très mauvais ½il et la condamnent fermement. Il s'agit d'un sujet extrêmement tabou et souvent péché. Ainsi, les nonnes symbolisent la répression sexuelle dictée par la religion chrétienne, puisqu'elles châtient physiquement Mylène. De plus, autre fait notoire très important, les femmes sont très mal considérées dans les religions. Dans le christianisme, elles sont diaboliques et tentatrices, puisque c'est Eve qui a cédé au fruit de la tentation et a par la suite corrompu Adam. Mylène dénonce à la fois la répression sexuelle et l'oppression et la diabolisation des femmes dans les religions.
Avec son premier véritable grand tube, l'incontournable Libertine, Mylène reprend cette idée. En effet, dans ce clip, Mylène est vêtue comme un homme, et se comporte donc comme un homme. Mylène se qualifie de catin, ce qui n'est pas un terme très féministe, nous en conviendrons : « Je je, suis libertine, Je suis une catin ». Dans ce texte, on dénote plusieurs allusions érotiques : « Entre mes dunes, reposent mes infortunes, C'est nue que j'apprends la vertu », où les dunes représentent ses parties intimes (...), Quand de mes lèvres tu t'enlèves un goût amer me rappelle que je suis au ciel », allusion au cunnilingus et à l'orgasme. Mylène confie son envie de liberté sexuelle et sa philosophie hédoniste. Le message est le suivant : une femme multipliant les partenaires sexuelles et prenant du plaisir à avoir des rapports sexuels ne doit pas être méprisée. Malheureusement, force est de constater qu'une femme se comportant de la sorte est considérée comme une « fille facile », une « salope » ou encore une « pute ». Des termes peu gratifiants en quelque sorte. Mais un homme, lui, est un Dom Juan et un séducteur. Le constat est donc cruel et démontre qu'une inégalité et une injustice profonde persiste. Le message est donc qu'une femme qui a des aventures ne doit pas être perçue comme une mauvaise fille.
Avec Sans contrefaçon, Mylène aborde le thème du travestissement, de l'ambiguïté sexuelle et puis finalement le choix de l'orientation sexuelle. Dans ce sens, la chanson est assez similaire à Libertine. Mylène est vêtue en homme et affirme être un garçon : « Sans contrefaçon, Je suis un garçon, Et pour un empire, Je ne veux me dévêtir, Puisque sans contrefaçon, Je suis un garçon, (...),Un mouchoir au creux du pantalon, Je suis chevalier d'Eon ». Une femme n'est pas obligée d'être féminine et lutter contre les règles vestimentaires établies fait partie d'un combat du féminisme. Elle a le choix de s'habiller comme elle veut. Elle doit disposer des mêmes droits que les hommes, dans une société patriarcale. Mais cette chanson est aussi une manière de montrer qu'une femme a également le droit d'avoir son orientation sexuelle. L'homosexualité féminine est aussi un combat important du féminisme. L'homosexualité n'est pas explicite, mais un nombre important de femmes lesbiennes adopte un comportement et une apparence masculine.
Avec Sans logique, Mylène dénonce le machisme en s'appuyant sur la culture hispanique, connue pour son sexisme. Le clip met en scène une corrida humaine, pratique en plus d'être barbare qui peut aussi être un symbole de machisme. Le toréador, sous les yeux ébahis de sa famille (notamment des personnes âgées), semble être le vainqueur de combat face à son amante qui incarne le taureau. Contre toute attente, après avoir été prise d'une folie meurtrière (à l'image des paroles de la chanson), Mylène empale son amant avec ses cornes métalliques. Ainsi, les rôles sont inversés et la féminité gagne sur la masculinité, remettant en cause les préjugés et coutumes. Ce clip comporte son message féministe, en inversant non seulement les rôles, mais en dénonçant le sexisme de certaines cultures (ici, espagnole).
Dans le clip Je t'aime mélancolie, Mylène se livre à un combat avec un homme à la boxe, qui semble perdu d'avance. Sexe faible contre sexe fort, tel est le combat. Mais finalement et contre toute attente, Mylène qui remporte le combat. Ce clip repose sur le thème de la lutte des deux sexes. D'ailleurs, à plusieurs reprises, Mylène aborde ce thème dans ces clips (dans Sans logique par exemple, où elle empale son amant).
Dans Pas de doute, Mylène règle ses comptes avec la gent masculine, s'estimant supérieure par rapport aux femmes. Elle se moque ouvertement d'une faiblesse des hommes, qui les importe beaucoup d'ailleurs, à savoir l'éjaculation précoce. La langue française semble s'être lourdement trompée en qualifiant les femmes de sexe faible, puisque le sexe des hommes n'est pas aussi fort que le laisse croire leur réputation. Pour commencer, elle lui reproche la répétition lassante de l'acte sexuel : « Tout n'est qu'une vaine mise en scène, Tes faux départs sont toujours les mêmes ». Le vers suivant traite directement de ce problème sexuel masculin : « Tous tes ébats sont stériles et même ». Dans le refrain, on retrouve cette évocation de l'éjaculation précoce : « Pas de doute ainsi c'est sans doute une fuite, Mais te décharger de tout c'est illicite, (...),Quand tu n'as plus ta tête, tu fais tout trop vite, (...),Quand tu n'as plus ta tête, c'est toi qui précipites ». Dans le second couplet, Mylène répète la monotone de l'acte sexuel et ajoute ironiquement que cette faiblesse remet l'homme à sa place: « Tout n'est qu'une vaine mise en scène, Tes va et vient sont toujours les mêmes, Ton point de vue tordu sur le sexe faible, S'effondre un rien dans un cas pareil ». Il s'agit d'une vengeance envers les hommes, qui se croient souvent supérieurs aux femmes, alors qu'ils paraissent être le vrai sexe faible.
Un autre thème abordé est l'infidélité masculine, courante et bien plus acceptée que l'infidélité féminine. Dans Beyond my control, Mylène surprend son amant dans les bras d'une autre. Là, l'homme lui sort des discours banaux, bien connus chez les hommes en lui disant "J'ai besoin de tes bras" Mais c'en est trop pour elle puisqu'elle lui dit "Tu nous fais du mal", tout en le traitant de lâche : « Lâche !, It's beyond my control, C'est plus fort que... Toi, Toujours en cavale, It's beyond my control ». Le thème du crime passionnel fait alors son apparition. En effet, elle le punit très sévèrement, afin que ses infidélités cessent éternellement. Elle le tue : "Je n'comprends plus j'ai du sang sur mes doigts". De plus, la force féminine supplante la force masculine, puisque les rôles sont inversés. En effet, ce sont les femmes qui sont habituellement tuées par leurs conjoints, tandis que dans la chanson, l'homme est assassiné par sa femme.
Avec la chanson XXL, Mylène reprend un message universel et fédérateur. Les paroles sont apparemment légères, du moins différentes des précédentes, mais elles expriment bien la volonté de recevoir de l'amour, indispensable à toutes les femmes. Même des femmes au destin tragique, victimes de violences ou de trafic sexuel, ont ce besoin d'amour et non de mépris. Les femmes de tous les horizons éprouvent ce besoin : « Qu'on soit des filles de cocktails belles, Qu'on soit des filles des fleurs de poubelles, (...),Qu'on soit des filles de l'histoire rares, Qu'on soit des filles des fleurs de trottoirs ». Par ailleurs, Mylène mentionne l'IVG, avant de chanter le refrain, un combat du féminisme, et qui heureusement et malheureusement perdure encore aujourd'hui : « Pour l'IVG ou en bulle nous on a, On a besoin d'amour, On a besoin d'amour, Besoin d'un amour XXL, On veut de l'amour XXL »
Dans le clip de California, Mylène reprend le thème de la vengeance. On assiste aussi au triste sort réservé à de nombreuses femmes dans le monde, à savoir la prostitution. La prostituée des bas-fonds est victime de son mac, qui est violent. Elle doit aussi céder à ses désirs. Il finit par la tuer. Mais sa jumelle de métier, une prostituée de luxe, décide de la venger, en tuant à son tour le mac. Elle exprime sa colère contre cet homme, qui s'est cru supérieur à la femme, tout en abusant de sa faiblesse. Ici, il s'agit d'une dénonciation d'un système patriarcal et violent, ainsi que de l'exploitation sexuelle des femmes.
Dans la chanson Méfie-toi, Mylène fait l'apologie de la supériorité de l'esprit sur le corps. Les vertus spirituelles sont souvent considérées comme des valeurs féminines : « Au jeu du corps à corps, L'esprit est bien plus fort, Méfie-toi des puissances, Des vierges sans défense, Leurs forces sont subtiles, La force est féminine ». Sous leur apparence fragile, les femmes possèdent un pouvoir caché mais bien réel. De plus, elle mentionne les initiales IAO, le I pour Isis, déesse universelle aux fonctions multiples, de la féminité entre autres. Isis est un archétype universel de la féminité, d'autant que les femmes étaient respectées et égales aux hommes dans la civilisation égyptienne antique.
Avec son retour en 2005, Mylène revient avec Fuck them all. Cette chanson est en fait un triste constat sur le sort réservé aux femmes. Mylène rappelle que le rôle des femmes doit être pris en compte, tout en évoquant les femmes battues ou victimes de discrimination, avec le fameux pont en anglais. Tout d'abord, elle dénonce les mensonges des hommes : « La nature est changeante, L'on respire comme ils mentent ». Elle appuie aussi le fait que les hommes doivent leurs réussites aux femmes, trop peu considérées : « Au temps des "Favorites", Autant de réussites, Pour l'homme qui derrière a..., Une belle qui s'affaire... à. Faire...de leur vie un empire ». Les Favorites étant ces femmes nobles ayant contribué à la réussite de leurs époux. Mylène évoque aussi les violences conjugales et sexuelles : « Faire l'amour à Marie, Blood and tears !, Et "Marie" est martyre ,Blood and tears, Sur le mur nos soupirs ! » Marie incarne toutes les femmes violentées ou assassinées par des hommes. On peut aussi émettre l'hypothèse qu'il s'agisse d'un hommage à Marie Trintignant, morte des coups de son compagnon. La nature féminine est souvent perçue comme douce, stéréotype sexiste très courant et dénoncé dans le texte : « De nature innocente, L'on manie élégance » Cependant, il faut se méfier des puissances féminismes (comme elle l'affirmait déjà dans Méfie-toi) : « Et d'une main experte, D'un glaive l'on transperce, Les discours trop prolixes, Que de la rhétorique, Lâchetés familières, Qui nous rendent guerrières ». Dans le refrain, Mylène inverse les rôles et invite les femmes à combattre les injustices dont elles sont victimes : «Fuck them all !, Faites l'amour, nous la guerre, Nos vies à l'envers, Fuck them all !, Faites l'amour, nous la guerre, Saigner : notre enfer !, Fuck them all ! ». Le pont musical évoque une situation, de plus en plus inquiétante, des femmes de nos jours, à savoir les préjugés machistes : « Hey Bitch !,You're not on the list !, You witch you suck you bitch, They said...,Hey Bitch !,You're not on the list !,You witch he sucks you, bitch !,They said...,Hey Bitch !,You're not on the list !, What's your name again ?” Ces mots vulgaires ne sont pas anodins, puisqu'il désigne le type de langage très courant dans certains milieux médiatiques (hip-hop et porno chic entre autres). Les femmes sont considérées comme des objets sexuels méprisables. Mylène dénonce cette perception des femmes, malheureusement en recrudescence.
A travers Dans les rues de Londres, Mylène rend un hommage à l'écrivain britannique Virginia Woolf. Femme de lettres de l'époque victorienne, elle était aussi une féministe notoire, défendant et revendiquant les droits des femmes et affichant également sa bisexualité. Ainsi, il a activement milité pour la reconnaissance sociale des femmes et la liberté sexuelle. Son ½uvre est aussi torturée. Mais elle connaîtra une destinée tragique. Envahie par des hallucinations et des troubles psychiques profonds, elle se suicide en 1941. Le texte fait allusion à sa folie, source d'art littéraire : « C'est comme une lettre, Qui s'est écrite à l'envers..., Coule dans ma tête, Un monde fou qui veut naître ». Son désespoir est aussi dépeint : « Je remets ma vie à..., Un plus tard abandonné, Pour simplement vivre, Tenter d'atteindre une humanité ». Il semble que pour les couplets, Mylène se met à la place de Virginia en utilisant le pronom « je », tandis que dans les refrains, elle constate son triste sort : « Mais tu sais, son âme est belle, Dans les rues de Londres, (...), Et les rues de Londres, Souffleront sur des mystères, D'une autre fois..., Virginia ». Avec cette chanson, Mylène prouve son attachement et son admiration pour Virginia Woolf et il est évident que la cause féminine lui tient à c½ur.
Dans Porno graphique, Mylène reprend une critique qui lui avait été faite en 2001, lors de la sortie de son best of Les mots. En effet, on lui avait reproché de prôner le porno chic dans ses clichés sensuels signés Ellen Von Unwerth. Une définition de cette tendance s'impose. Le porno chic, élaboré par les marques de luxe et présent dans la publicitaire, consiste à montrer des clichés très suggestifs, voire carrément sexuels, malgré l'absence de pornographique traditionnelle. Les femmes sont constamment dénudées, parfaites et retouchées physiquement rabaissées en tant qu'objets sexuels et en soumission. On peut légitiment garantir que cette tendance provenant des milieux branchés vise à se différencier de la sexualité des « bas fonds ». Le fait est que Mylène avait répondu fermement aux critiques l'accusant de prôner le porno chic. Avec Porno graphique, elle répète ne pas adhérer à ce mouvement en le dénonçant violemment : « Je dis qu'il n'y a pas d'porno chic, Mais bien que des porcs au sens strict ». Mylène n'adhère pas à ce procédé dégradant pour l'image féminine et confirme la lubricité de l'âme humaine, tout en n'établissant aucune différence entre porno chic et véritable pornographie.
Selon certains de ses détracteurs, le fait d'aborder ouvertement le thème de la sexualité tout en adoptant une image sexy ne contribue pas au féminisme et incarnerait même la tendance inverse. En effet, certains estiment que Mylène se présente en femme objet lorsqu'elle est vêtue légèrement et sensuellement. Néanmoins, Mylène n'a jamais subi les lois commerciales érigées pour permettre à un produit commercial de durer. Dès le début de sa carrière, elle a imposé son univers artistique avec ses thèmes prédicateurs. Parmi ceux-ci, on retrouve la mélancolie, la mort, mais aussi l'érotisme. L'ambiance artistique de Mylène est associée à des mouvements tels que le romantisme ou le symbolisme, et la sexualité fait partie de ces courants. Mylène n'est donc pas victime des paroles et images érotiques qu'elle véhicule, mais elle les choisit elle-même. De plus, il s'agit aussi d'une manière de revendiquer sa féminité et les droits des femmes. Bien qu'elle ne s'est jamais affichée clairement féministe, tout comme à aucun autre mouvement, mais plusieurs éléments de son ½uvre attestent que ce combat la touche particulièrement.
Un grand merci à Mylenexxl pour la création.


