Mylène et la littérature

Mylène et la littérature
Depuis le début de sa carrière, Mylène a affirmé un intérêt évident et rare pour la littérature, que ce soit à travers son ½uvre ou ses interviews. Rares sont les artistes à marquer une passion aussi importante pour la littérature. Ce goût littéraire se retrouve bien évidemment dans ses textes, parsemés de références à des écrivains qu'elle admire et affectionne. De plus, Mylène a un style d'écriture unique, particulier et reconnaissable entre tous, tout comme son univers artistique poétique se rattache au romantisme et au symbolisme, deux mouvements sombres qu'elle semble apprécier énormément. (Source : La part d'ombre et Instant-Mag).




Edgar Allan Poe (1809-1849)

Cet écrivain américain torturé et précurseur du style fantastique fait partie des auteurs favoris de Mylène, avec Charles Baudelaire, qui a d'ailleurs traduit les ½uvres de Poe. Dès le début de sa carrière, elle répète son admiration envers cet écrivain méconnu dans un certain temps. Ses écrits se rapprochent du romantisme, où se côtoient passion, mort et drame. Il connut un fin tragique, en étant ruiné, malade et alcoolique. Mylène lui rend un sublime hommage avec Allan. Elle cite même directement une nouvelle de l'écrivain, intitulée Ligeia, ainsi que quelques vers de cette ½uvre : « Pauvres poupées, Qui vont qui viennent, Allan Allan, Pauvre fantôme, Etrange et blême, (...), L'étrange Ligeia renaît en moi, De tout mon être je viens vers toi ! » Ligeia raconte le destin tragique d'un homme incapable de surmonter la mort de la femme qu'il aime et qui la retrouve quelques années plus tard sous une forme réincarnée. Les « pauvres poupées » sont reprises mot pour mot d'après cet extrait : « Pauvres poupées qui vont qui viennent, Au commandement des vastes êtres sans forme ». L'amour passionnel connaît une issue dramatique, qui est l'un des thèmes récurrents du romantisme.




Charles Baudelaire (1821-1867)

Voici l'un des écrivains fétiches de Mylène, puisqu'elle avoue que son ½uvre Les fleurs du mal est un de ses livres de chevet préférés. Cet écrivain culte et génial connut aussi une existence douloureuse, réunissant déceptions amoureuses, incompréhension publique, alcool, drogue et envies suicidaires. Il s'agit d'un des poètes les plus torturés, mais aussi un des plus brillants. De plus, il a dû affronter plusieurs fois la censure (tout comme Mylène), notamment pour son recueil de poèmes Les fleurs du mal, où il était contraint de retirer poèmes, jugés immoraux, notamment en raison de certains textes à connotations saphiques. Mylène lui rend un superbe hommage en choisissant son poème L'horloge (extrait du livre Les fleurs du mal) pour l'ouverture de son album Ainsi soit je...Ce poème évoque un thème cher au romantisme et à Charles Baudelaire : la fuite du temps et le combat perdu d'avance contre ce temps qui passe. Il suffit de lire quelques vers pour s'apercevoir de l'angoisse et du désespoir que cause que crainte du temps écoulé : « Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit "Souviens-toi !, (...),Trois mille six cent fois par heure, la Seconde, Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix, (...),Souviens-toi que le temps est un joueur avide, Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi, Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !, Le gouffre a toujours soif: la clepsydre se vide ». Cette chanson servira d'ailleurs d'ouverture au Tour 89, preuve que ce thème est également cher aux yeux de Mylène. Un autre ouvrage majeur de Baudelaire peut également avoir inspiré Mylène : Les paradis artificiels. Ces fameux « paradis artificiels » ne sont autres que les drogues, source de création et de libération de la souffrance existentielle. Ainsi, il est fort probable que les vers suivants de Serais-tu là ? lui soient dédiés : « Je voudrais être Opium, Me ferais Narguilé, Particule d'Hélium, Partir tout en fumée ». En effet, cette chanson évoque la culpabilité et la souffrance engendrée par une relation amoureuse douloureuse. L'amour funeste est un thème récurrent chez Baudelaire et dans le mouvement romantisme et symboliste en général.




Marquis de Sade (1740-1814)

Il n'est pas étonnant de retrouver cet auteur décrié mais talentueux malgré tout chez Mylène. En effet, l'érotisme est un thème prédicateur chez Mylène, même si la violence et la perversion de l'écrivain ne sont pas présentes. Elle a cité plusieurs fois le Marquis figurant dans ses lectures. Ecrivain emblématique du mouvement libertin, son hédonisme allait encore plus loin que celui des autres libertins. Il passa d'ailleurs de nombreuses années en prison ou en hôpital psychiatrique. Son comportement sexuel était du registre de la violence, de la perversion et de la cruauté. D'ailleurs, Sade a donné naissance au mot « sadisme », désignant le plaisir à voir souffrir autrui. La première référence au Marquis de Sade se trouve dans Libertine, inspiré du livre Justine ou les infortunes de la vertu : « Entre mes dunes, reposent mes infortunes, C'est nue que j'apprends la vertu ». Les clips de Libertine et de Pourvu qu'elles soient douces (qui rappelons-le est une ode à la sodomie, pratique dont le Marquis de Sade était friand, autant en passif qu'en actif) sont une référence appuyée au libertinage, même si pas aussi violent et cruel que les pratiques de Sade. Outre ses écrits pornographiques et violents, Sade a également rédigé des textes philosophiques, où il rejette notamment l'autorité religieuse. Un autre ouvrage du Marquis a également influencé Mylène pour L'âme-stram-gram, texte joliment coquin, à savoir La philosophie dans le boudoir. Mylène reprend une expression présente dans le livre : les « n½uds mâles ». Ces « n½uds mâles » désignent tout simplement le pénis, ou plus précisément le gland. Ainsi, les vers suivants sont très osés : « Pique dame, Âme-stram-gram, Pique, pique-moi dans l'âme, Bourrée bourrée de n½uds mâles, Âme-stram-gram, Pique dames ». Les paroles sont suffisamment explicites pour comprendre leur sens sexuel. Avec ce texte, Mylène joue parfaitement avec les mots, en créant de belles tournures et insinuation. Citons entre autres les vers suivants : « J'ouïs (jouis) tout ce que tu confesses, Et l'essaim (les seins) scande l'ivresse », (...), Et l'essaim (les seins) bat la mesure », autre allusion très claire.




Emile Cioran (1911-1995)

D'origine roumaine, ce philosophe est sans doute l'un des écrivains les plus pessimistes. L'½uvre de Mylène est à tendance mélancolique et noire, et il est donc logique de retrouver Cioran parmi ses références tourmentées. Elle s'est toujours dite attirée par l'½uvre du philosophe mais aussi par son charisme. Son ½uvre est une critique sur les illusions humaines, source de désenchantement et de désespoir profonds. Il pose même le suicide comme seul exutoire possible à la souffrance existentielle, plaçant la vie comme insurmontable. Néanmoins, son ½uvre est également composée d'humour et de dérision. Plusieurs chansons de Mylène traitent des désillusions et du désespoir : Tristana, La ronde triste, A quoi je sers, Désenchantée, Il n'y a pas d'ailleurs, Comme j'ai mal etc.). Désenchantée est sans doute la chanson la plus inspirée par Cioran : « Nager dans les eaux troubles, Des lendemains, Attendre ici la fin, Flotter dans l'air trop lourd, Du presque rien, A qui tendre la main, (...), Si la mort est un mystère, La vie n'a rien de tendre, Si le ciel a un enfer, Le ciel peut bien m'attendre ». Avec Je t'aime mélancolie, Mylène use de l'ironie et de l'auto-parodie : « Quand tout est gris, La peine est mon amie, Un long suicide acide, Je t'aime mélancolie, Sentiment qui, Me mène à l'infini, Mélange du pire, de mon désir, Je t'aime mélancolie, (...),C'est ton amie aussi, C'est l'élixir de mes délires, Je t'aime mélancolie ». Elle prend du recul par rapport à ses déboires existentiels, afin de dédramatiser la situation.





Guillaume Apollinaire (1880-1918)


Ce poète d'origine italienne et polonaise semble avoir inspirer Mylène à plusieurs reprises. L'½uvre de l'écrivain est souvent associé au monde pictural, selon ses propres aveux. La référence la plus flagrante est celle au Pont Mirabeau, que l'on retrouve dans California. Les vers d'Apollinaire « Vienne la nuit sonne l'heure, Les jours s'en vont je demeure » deviennent « Vienne la nuit et sonne l'heure, Et moi je meurs, Entre apathie et pesanteur, Où je demeure » chez Mylène. La nostalgie du poème d'Apollinaire se retrouve dans le texte de Mylène. D'autres poèmes rappellent l'univers de Mylène, notamment les clips Sans contrefaçon et Souviens-toi du jour...Ainsi, le poème Saltimbanques évoque le clip Sans contrefaçon et certains vers du poème Le brasier rappelle le clip Souviens-toi du jour... : « Et voici le spectacle, Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil, Ma tête aux genoux mes coudes vain pentacle, Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles ».




Francesco Albertoni (1929)

Ce sociologue italien a traité principalement de l'ambivalence des sentiments amoureux, autre thème cher à Mylène. Elle reprend un terme utilisé par le sociologue pour un de ses ouvrages majeurs : Innamoramento. En baptisant ainsi son album en 1999, elle laisse présager un album traitant du sentiment amoureux. En effet, Innamoramento décline l'amour sous toutes ses formes. Traduit littéralement, ce terme signifie s'énamourer, verbe obsolète et très peu employé de nos jours. En français, le livre a cependant été traduit par Le choc amoureux. Ainsi, la chanson d'ouverture de l'album, L'amour naissant, évoque les difficultés rencontrés lors d'une relation amoureuse : « Quelle est celle qui ne s'est noyée, Dans ses larmes, L'océan a froid, ma vie comme la, Fille de Ryan, (...),Tu es l'amour naissant, Gravé sur la pierre, Stèle des amants, Vois comme c'est lourd, c'est lent, C'est un revolver, Père, Trop puissant ». Par ailleurs, Innamoramento est un mot qui touche particulièrement Mylène, car on retrouve le mot Amen, mais aussi Amour et Mort, regroupant ainsi le triptyque amour, religion et mort, thèmes chers à Mylène. Dans la chanson éponyme, traitant également de la difficulté et de la souffrance sentimentale, Mylène reprend quasiment les mêmes vers utilisés par l'auteur : « L'inconnu a meurtri plus d'un c½ur, Et son âme s½ur, On l'espère, on l'attend, on la fuit même, Mais on aime ». L'amour est à nouveau fatalement lié à la passion et il est très difficile de faire perdurer cette passion, qui finit bien souvent de façon tragique.




Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

Aviateur de formation (il mourut d'ailleurs lors d'une mission militaire), Saint-Exupéry était également un écrivain remarqué et confirmé. Mylène s'inspire d'un de ses livres les plus célèbres au monde, à savoir Le petit prince, dépeint comme un conte philosophique. L'histoire raconte la destinée d'un petit garçon quittant un astéroïde minuscule, son lieu d'habitation, avec pour seule compagnie une rose égoïste. Un jour, il quitte sa planète et se retrouve sur la Terre, où il fait la connaissance de plusieurs interlocuteurs, dont l'auteur. Mais triste de ne pas être chez lui, il demande à un serpent de le mordre. Il s'agit là d'une sublime métaphore d'un suicide. Ce roman initiatique est une ode au rêve et à l'esprit enfantin, débordant d'imagination. Mylène s'inspire de ce conte dans Dessine-moi un mouton, une invitation au rêve : « Dessine-moi un mouton, Le ciel est vide sans imagination, C'est ça, Dessine-moi un mouton, Redevenir l'enfant que nous étions, (...),Le rêve est bulle, De vie, Un bien majuscule, Utile au chagrin, Déconfiture, Des pépins, Mais je veux croire, En l'au-delà ». En 2002, Mylène publie son premier livre, Lisa Loup et le conteur et présenté comme un conte philosophique, tout comme Le petit Prince. Mais la similitude ne s'arrête pas là. En effet, l'histoire rappelle celle du Petit Prince. Lisa, une fillette solitaire et triste, envahie par l'ennui, rencontre un jour un petit garçon tout plat, Loup. Mais là où le roman de Saint-Exupéry se termine mal, Lisa-Loup et le conteur porte un message d'espoir. Lisa parvient à rencontrer une personne qui lui donne un véritable sens existentiel à sa vie. Par ailleurs, les dessins de Mylène rappelle le style enfantin et naïf du Petit Prince, tout comme le clip C'est u ne belle journée, sans doute une suite de Lisa-Loup et le conteur. On retrouve une autre référence à un personnage du conte dans Et pourtant.... La symbolique de la rose est présente dans les vers suivants : « Si les roses, Etaient si belles... fleuries, Rien de grave, Elles n'ont pas su... l'épine ». Voici une autre preuve de l'attachement que porte Mylène à cette ½uvre mythique.




Emily Dickinson (1830-1882)

Cette poétesse américaine fut méconnue de son vivant (comme beaucoup d'autres artistes), mais fortement reconnue après sa mort. Elle est considérée comme l'un des plus grands écrivains américains du 19ème siècle. Néanmoins, son ½uvre demeure peu connue du grand public, ce qui n'enlève rien à son talent indéniable. Son ½uvre est désabusée, traitant notamment de l'absence du Dieu, thème que l'on retrouve chez Mylène à plusieurs reprises (notamment dans Sans logique et Désenchantée). D'ailleurs, dans Désenchantée, le vers « Si le ciel a un enfer, Le ciel peut bien m'attendre » est inspiré de la phrase « Le ciel a un enfer ». Ainsi, dans Nous souviendrons nous, chanson nostalgique et triste à souhait, le vers « Aux vies qui s'abaissent à voir la mienne » fait clairement écho à un passage d'un poème d'Emily Dickinson « Aux vies qui s'abaissent à remarquer la mienne ». Avec Vertige, Mylène reprend la fameuse phrase « L'éveil d'un sens nouveau, des instincts de danse » en l'adoptant ainsi dans le texte : «L'éveil d'un sens, L'instinct d'une danse : je vertige de vivre ! ». Dans Eaunanisme, on retrouve le vers J'irai lui dire (...) que sa vie rare est cachée dans le velours », rappelant « Sa vie rare est cachée » d'un autre poème. Quelques années plus tard, dans Les mots, Mylène reprend la citation déjà présente dans Nous souviendrons nous en anglais mot pour mot. En outre, on retrouve une autre strophe dans Les mots extraite d'un poème de Dickinson. Cette poétesse n'a jamais été citée directement par Mylène, mais il est indéniable qu'elle l'a fortement inspirée.




Paul Verlaine (1844-1896)

Tout comme Baudelaire, ce poète peut légitimement être qualifié de poète maudit. Il a connu les déboires de la censure (en raison de ses écrits considérés pervers, car traitant de l'homosexualité) et les tourments intérieurs. Mylène semble s'être inspirée de son poème Mon rêve familier dans Serais-tu là. Les vers du poème Mon rêve familier « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, D'une femme que j'aime, Et qui m'aime » deviennent « Quand je fais ce rêve étrange, Et quand, pénétrant tes songes » dans Serais-tu là ?. Verlaine évoque un amour rêvé, idéal et impossible, là où Mylène songe avec nostalgie aux erreurs qui auraient pu être évitées afin de connaître cet amour idyllique : «Chaque mot qu'on garde, Chaque geste qu'on n'a fait, Sont autant de larmes, Qui invitent au regret, (...),Si j'avais la foi du monde, En cette seconde, Serais-tu là ?, Si j'avais renoncé au monde, Et que rien ne compte, Serais-tu là ? ». Comme cité précédemment, Verlaine a abordé le sujet très tabou et condamnable à l'époque de l'homosexualité. D'ailleurs, il vécut une histoire d'amour avec Arthur Rimbaud. Un poème de Verlaine, Printemps, est parsemé d'allusions saphiques, transformées en de très belles métaphores : « Sève qui monte et fleur qui pousse, Ton enfance est une charmille, Laisse errer mes doigts dans la mousse, Où le bouton de rose brille ». Or, on retrouve des vers similaires dans Optimistique-moi, aux connotations érotiques évidentes : « Petit bouton de rose, Aux pétales humides, Un baiser je dépose ». On retrouve le même « Bouton de rose ».




Arthur Rimbaud (1854-1891)

Comme précisé plus haut, ce poète était l'acolyte et le partenaire intime de Verlaine est d'une grande renommée, même si méconnu par certains. Dans C'est une belle journée, les vers « Allongé le corps est mort, Pour des milliers, C'est un homme qui dort... » font immanquablement penser au célèbre poème Le dormeur du Val. Ce poème est d'un pessimisme accablant, sous ses allures de poème champêtre. En effet, dans un premier temps, il semble décrire un homme endormi dans un champ, alors qu'il s'agit de la macabre description d'un soldat mort au combat : « Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit
». C'est une belle journée reprend la même formule, à savoir apparence calme et joyeuse, mais vérité très sombre, puisque le thème central est la mélancolie et le suicide : « A moitié pleine est l'amphore, C'est à moitié vide, Que je la vois encore, (...),C'est une belle journée, Je vais me coucher, Une si belle journée, Qui s'achève, Donne l'envie d'aimer, Mais je vais me coucher, Mordre l'éternité, A dents pleines ».




Jean-Paul Sartre (1905-1980)

S'il existe une seule référence directe dans le répertoire de Mylène, on peut établir d'autres similitudes entre l'écrivain et la chanteuse. Jean-Paul Sartre est un des initiateurs du mouvement existentialiste, autre courant cher à Mylène, après Martin Heidegger (1886-1976). Apparu après les horreurs de la seconde guerre mondiale, ce mouvement aborde la valeur de l'existence. L'existentialisme se rapproche de l'humanisme, qui met également l'être humain comme figure centrale. Dans Vieux bouc, Mylène reprend un passage de l'½uvre culte Huit-Clos. Ainsi, on retrouve la fameuse phrase « L'enfer c'est les autres ». Mylène attache également beaucoup d'importance à deux termes récurrents chez Sartre : l'être et le néant. De nombreuses chansons évoquent le thème du but de l'existence même, notamment A quoi je sersMais mon dieu de quoi j'ai l'air, Je sers à rien du tout »), DésenchantéeSi la mort est un mystère, La vie n'a rien de tendre »), Il n'y a pas d'ailleursTu sais que ta vie, C'est ici ») et Méfie-toiIl m'a fallut l'impasse, Donner ma langue au chat, Pour contrer l'existence ») . Quant aux mots « être » et « néant », on les retrouve à plusieurs reprises, comme par exemple dans L'amour naissant ou Innamoramento, pour ne citer qu'eux.




Primo Levi (1919-1987)

Cet écrivain italien d'origine juive est l'un des rescapés des terribles camps d'extermination élaborés par les nazis. Il a vécu l'horreur d'Auschwitz et l'a racontée dans un témoignage sublime intitulé Si c'est un homme...Il finit par mettre fin à ses jours, ne s'étant probablement jamais remis des horreurs qu'il a vues et vécues...Mylène lui rend hommage dans sa chanson Souviens-toi du jour..., en citant directement le titre du livre : « Et si c'est un homme..., Si c'est un homme... ». Cette chanson est un hommage à la Shoah, appelant au devoir de mémoire : « Quand le vent a tout dispersé, Souviens-toi, Quand la mémoire a oublié, Souviens-toi... ». Mais là où le récit de Primo Levi est très dur, voire pessimiste (à juste titre), Mylène opte pour une vision plus optimiste : « Souviens-toi que l'on peut tout donner, Quand on veut, qu'on se rassemble ». Pourtant, le refrain évoque clairement les camps d'extermination et rappelle l'univers de Si c'est un homme... : « Le souffle à peine échappé, Les yeux sont mouillés, Et ces visages serrés, Pour une minute, Pour une éternité, Les mains se sont élevées, Les voix sont nouées ».




Virginia Woolf (1882-1941)

Avec la chanson Dans les rues de Londres, Mylène rend un très bel hommage à l'écrivain britannique Virginia Woolf. Toute son existence fut tourmentée, autant son ½uvre que sa vie personnelle. Ses états dépressifs étaient dus aux abus sexuels qu'elle a subis étant enfant. Par ailleurs, elle a été une importante militante féministe. Sa vie se termine tragiquement, puisqu'elle met fin à ses jours. Dans sa chanson, Mylène évque directement l'écrivain : «Dieu a des projets pour elle, Et les rues de Londres, Souffleront sur des mystères, D'une autre fois..., Virginia ». Le reste des couplets met en scène le destin de l'auteur : «
Réduire la vie à..., Des formules indécises, C'est bien impossible, elle, Tu vois, se nuance à l'infini ». Outre son ½uvre, Mylène peut également être intéressée au combat pour la cause des femmes que menait Virginia, puisqu'il est fort probable que Mylène soit féministe dans l'âme (un article traitera de ce sujet plus tard).




Boris Vian (1920-1959)

Cet artiste était polyvalent, puisqu'il était musicien et écrivain à la fois. Son ½uvre est généralement tourmentée, violente et pessimiste. Parmi ses ½uvres, on retrouve J'irai cracher sur vos tombes. Se déroulant dans le sud des Etats-Unis, en pleine ségrégation raciale, ce récit relate l'histoire d'un homme noir à la peau blanche (sans doute atteint d'albinisme), qui a vu son frère se faire pendre pour avoir eu une relation avec une femme blanche. Partie de sa ville natale, il entreprend un stratagème pour venger la mort de son frère. Ce roman violent et cruel a inspiré Mylène dans la chanson Rêver, où J'irai cracher sur vos tombes devient « J'irai cracher sur vos tombeaux ». D'ailleurs, cette chanson évoque l'intolérance et l'ignorance des êtres humains menant à la violence et aux horreurs : « Et d'avoir condamné vos différences, Nous ne marcherons plus ensemble, (...),A force d'ignorer la tolérance, Nous ne marcherons plus ensemble ». Elle fait le songe d'un monde meilleur que le nôtre actuel, où se côtoient tous ces sentiments négatifs, et où l'harmonie et la tolérance semblent impossible : « J'ai rêvé qu'on pouvait s'aimer, J'avais rêvé du mot AIMER ».




Les amis écrivains de Mylène : Amélie Nothomb, Marc Lévy, Nathalie Reims et Salman Rushdie


Amélie Nothomb: Mylène entretient des rapports proches avec plusieurs personnalités littéraires. Tout d'abord, citons Amélie Nothomb, qu'elle avait rencontrée pour un entretien croisé pour le magazine Vogue édition allemande. Les deux femmes ont toujours eu une attirance réciproque. D'ailleurs, Amélie Nothomb reprend une scène du clip Sans logique dans son roman Attentat : la fameuse scène d'empalement avec les cornes métalliques de taureau. Elles se sont toujours appréciées. De plus, leurs univers comportent des ressemblances, notamment leur attrait pour le monde de l'enfance.

Marc Lévy: En 2003, Mylène illustre la pochette du roman de Marc Lévy Où es-tu ? avec son personnage que l'on retrouve aussi dans le clip C'est une belle journée et Lisa-Loup et le conteur. Les deux artistes ont toujours été amis, et plus durant une période, mais cela ne nous regarde pas. Il est l'un des auteurs les plus populaires en France.

Nathalie Reims: Depuis quelques temps déjà, Mylène est très proche avec Nathalie Rheims. Outre une référence à son roman Lumière invisible à mes yeux dans Derrière les fenêtres, Mylène incarnera un des personnages principaux de son livre L'ombre des autres (mêlant amour et spiritisme) pour une adaptation cinématographique, prévue en 2009. Malgré les critiques négatives sur son ½uvre littéraire, il fait partie de la nouvelle génération d'auteurs en France.

Salman Rushdie: Mylène s'est aussi liée d'amitié avec l'écrivain indien Salman Rushdie. Né de confession musulmane, il a été condamné à mort par des fanatiques religieux pour avoir renié sa religion et écrit un livre polémique intitulé Les versets sataniques. Dans ce livre, l'écrivain ne fait qu'évoquer l'aspect païen de l'islam. Mais les fanatiques religieux n'ont pas de limites et la tolérance est un mot absent de leur vocabulaire...



Bien évidemment, d'autres écrivains ont inspiré Mylène (Pierre Reverdy pour Rêver ou Luc Dietrich dans A quoi je sers), mais j'ai tenu à signaler les plus importants à mes yeux). Par ailleurs, lors de ses entretiens, elle a déclaré admirer d'autres écrivains, notamment Paul Coelho (L'alchimiste), Sogyal Rinpoche (Le livre tibétain de la vie et de la mort) ou encore Marie De Hennzel (La mort intime), ouvrages qui l'ont bouleversée.

Selon certains les références de Mylène aux écrivains seraient une preuve de manque d'inspiration ou même de plagiat. Mais ces critiques demeurent fortuites, car il s'agit avant tout d'un hommage, d'une preuve d'habileté littéraire et d'un talent irréfutable pour la poésie. D'ailleurs, Mylène possède un style d'écriture bien particulier, mêlant métaphores, rimes, néologismes (mots inventés), oxymores (mot de sens opposé associé) et autres adroits jeux de mots.


Un immense merci à Mylenexxl pour ce superbe montage, en tant que cadeau d'anniversaire.

# Posté le dimanche 25 mai 2008 16:09

Modifié le lundi 26 mai 2008 04:57

Devant soi

Devant soi
DEVANT SOI


Il a bu dans le cours d'un ruisseau
Parcouru les montagnes et le bourg
Il a vu dans vos yeux tant de haine
Qu'il s'est cru un instant plus le même

Il a pris des chemins solitaires
Privé d'os comme un chien qui se terre
Il s'est mis à pleurer comme on aime
Continué à prier quand même

C'est devant soi qu'il faut se voir
La vie n'est pas toujours ce que l'on croit
C'est devant soi que je veux vivre
J'ai devant moi beaucoup de vie et de rire
C'est devant soi qu'il faut se voir
La vie n'est pas toujours ce chemin droit
Le vent me dit : 'Quand vient le noir'
J'ai devant moi beaucoup de vie et d'espoir


Il a vu les loups surgir du bois
Suspendu aux branches de vos lois
Il a perdu l'amour : deux étoiles
Qui brillaient dans son c½ur qui se voile

Il a compris quand gorge se serre
Que la vie ouvre porte à l'enfer
Mais là haut un faucon se déploie
Qui protège son nom, son choix


Cette chanson inédite a été crée à l'occasion du film Jacquou le Croquant, en tant que bande originale. A l'instar du film, qui véhicule un message d'espoir, les paroles sont optimistes, fait rare chez Mylène. Le texte est très fidèle à l'histoire du film, puisqu'il narre la destinée de son héros Jacquou, le tout avec poésie, comme Mylène sait le faire. La musique rappelle certaines mélodies des chansons d'Alizée, avec en prime un superbe pont musical accompagné de ch½urs.

Malheureusement, la chanson n'est pas sortie en single mais figure sur la bande originale de Jacquou le Croquant.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 06:53

California

California
CALIFORNIA

Aéroport, aérogare
Mais pour tout l'or m'en aller
C'est le blues, l'coup d'cafard
Le check out assuré
Vienne la nuit et sonne l'heure
Et moi je meurs
Entre apathie et pesanteur
Où je demeure
Changer d'optique, prendre l'exit
Et m'envoyer en Amérique
Sex appeal, c'est Sunset
C'est Marlboro qui me sourit
Mon amour, mon moi,
Je sais qu'il existe
La chaleur de l'abandon
C'est comme une symphonie

C'est sexy le ciel de Californie
Sous ma peau j'ai L.A. en overdose
So sexy le spleen d'un road movie
Dans l'rétro ma vie qui s'anamorphose


J'ai plus d'I.D, mais bien l'idée
De me payer le freeway
C'est l'osmose, on the road
De l'asphalte sous les pieds
Vienne la nuit, c'est le jet lag
Qui me décale
L.A.P.D me donne un blâme
C'est pas le drame
Se faire un trip, s'offrir un streap
Sous le soleil en plein midi
Six a.m, j'suis offset
J'suis l'ice dans l'eau, j'suis mélo, dis
Mon amour mon Wesson
Mon artifice
La chaleur du canon
C'est comme une symphonie



Il s'agit sans doute l'une des chansons les plus réussies de Mylène, tant au niveau de la musique que des paroles. L'écriture y est parfaitement maîtrisée, puisque Mylène utilise le franglais, avec un subtil mélange de prose et de poésie. Laurent Boutonnat explore aussi des sonorités nouvelles, qui rend la musique accrocheuse et originale. Elle y raconte son sentiment de mélancolie, toujours présent après son exil aux États-Unis.

Le clip est aussi l'un des plus réussis, très bien scénarisé, avec un message symbolique. Il explore le thème du double et du destin commun, en plus de la violence. Il illustre le destin similaire de deux femmes de milieu social différent: l'une est issue de la grande bourgeoisie (ou représente une prostituée de luxe) et l'autre est issue d'un milieu défavorisé et incarne une prostituée des bas-fonds. Leurs regards vont se croiser par hasard et la femme riche sera interpellée par la douloureuse existence destinée à sa semblable. Elle vengera sa consoeur assassinée par son mac.

La chanson sera interprété lors du Tour 96, avec une chorégraphie d'entrée particulièrement réussi, reprenant des visuels bouddhiques. Pour le Mylenium Tour, Mylène chante à nouveau ce titre en version jazzy. Pour Avant que l'ombre...à Bercy, elle chante à nouveau ce titre, mais sans innovation réelle.

# Posté le mardi 20 mai 2008 04:46

Mylène et la violence

Mylène et la violence
Depuis le début de sa carrière, Mylène a parsemé à plusieurs reprises des connotations violentes, au sens large, dans son ½uvre artistique, directement ou indirectement. La violence est une des composantes de son univers, bien qu'elle apparaisse sous des formes diverses. Mylène n'a jamais caché son goût de la provocation, mais a toujours affirmé ne jamais provoquer gratuitement. Ses choix ne sont jamais anodins et ne recherchent en aucun cas à acquérir une dimension uniquement commerciale.


Pour son premier clip, Maman a tort, Mylène pose le décor de son univers avec comme thème la violence et la provocation, en plus de l'érotisme. En effet, alors qu'elle est entourée d'enfants, sa tête décapitée figure sur une table. Le clip fait légitiment penser à l'ambiance angoissante de la folie, puisque les tourments intérieurs de la chanson sont déjà présents. Jugé trop violent par certains médias, le clip sera censuré durant certaines émissions.

Dans son second clip, Plus grandir, la violence revêt plusieurs aspects. Le premier fait part de la violence sexuelle. En effet, alors que Mylène dort paisiblement dans son lit, sous les yeux prétendument bienveillants de la vierge Marie (rappelons que le clip se déroule dans un pensionnant religieux), un homme s'introduit dans sa chambre. Celui-ci la violente physiquement et sexuellement, du moins dans un premier temps, puisque Mylène semble accepter la situation, soit par réelle volonté ou obligation de soumission au « sexe fort ». La seconde facette que prend la violence est celle des mauvais traitements dans les couvents et autres institutions religieuses. Après avoir découvert le « pêché de chair » commis par Mylène, les deux nonnes naines la punissent en lui infligeant des châtiments physiques. On peut ici songer aux conditions parfois déplorables réservées aux pensionnaires dans ce type d'établissement. Le clip sera d'ailleurs censuré, en raison du mélange de sexe, de violence, de religion et de mort.

Dans We'll never, texte signé par Laurent Boutonnat, le thème central est l'Intifada, la guerre des pierres:"Tu seras un ange là-bas, Au nom d'Allah, alléluia, We'll never die !". Bien évidemment, il est ici question des absurdités et horreurs engendrées par la guerre et la bêtise humaine:"Ton sang lavera nos fronts, Les vautours t'embrasseront, We'll never die !", (...), T'as fait la guerre pour ta mère, Elle t'a mis au monde en terre !, We'll never die !"

Libertine, clip magistral devenu culte, met en scène l'héroïne éponyme dans un univers érotique et violent à souhait. Le clip s'ouvre sur une scène de duel, pratique particulièrement agressive qui sera interdite rapidement. Mylène, habillée en homme, abat froidement son rival. Alors qu'elle évolue dans un luxueux château, sa rivale, l'amante de l'homme tué, s'en prend violemment à elle. S'ensuit alors une redoutable scène de combat entre femmes, où coups, blessures et bouteilles en verre volent. La dernière scène du clip montre Mylène et son nouvel amant rencontré durant la soirée assassinés par la rivale et couverts de sang.

Avec Tristana, la violence se retrouve dans les paroles et dans le clip. Il s'agit d'une référence au film du même nom du réalisateur espagnol Luis Bunuel. Le texte comporte les vers suivants : « Du sang qui coule des corps qui se cassent » (...) « Pourquoi faut-il payer de ses veines ? ». Ces vers font clairement référence aux affres physiques que connaissent Tristana dans le film de Bunuel. Quant au clip, il reprend le conte de Blanche-neige avec pour toile de fond la révolution soviétique. Tristana, jeune paysanne dotée d'une beauté rare et pure est convoitée par une tsarine avide et cruelle. Elle confie donc son serviteur, un moine, afin qu'il tue la jeune femme. Tandis que Tristana gambade avec Rasoukine, son bien-aimé, dans la forêt, le moine et ses cosaques tranchent la joue de Rasoukine, ce qui laisse alors voir son sang couler et gicler. Quand la tsarine se rend à la demeure des nains, qui ont recueilli Tristana, elle assassine Tristana d'une épée et le sang gicle sur un portrait de Karl Marx. Cependant, elle et le moine périront, tuer par les loups. On constatera que la violence est fréquemment associée à d'autres thèmes, comme le sexe et l'amour, tout au long de la carrière de Mylène.

Lors de l'émission Mon Zénith à moi, Mylène n'hésitera pas à évoquer ses fantasmes morbides, voire violents. En effet, elle confie avoir une véritable attirance pour la violence et les images choquantes, notamment les exécutions et pendaisons, à la limite du sadisme, comme le dira Mylène elle-même. Cette fascination peut paraître très dérangeante pour certaines personnes, mais Mylène précise quand même qu'il s'agit d'un intérêt, sans pour autant approuver.

Le clip Pourvu qu'elles soient douces, suite de Libertine, a pour toile de fond la Guerre de 7 ans. Il est donc logique que des images violentes habitent le clip. Outre la scène de la fessée, Mylène assène le capitaine Parker avec un tesson de bouteille. La fin met en scène une magistrale bataille entre soldats français et britanniques, tandis que la rivale de Libertine tue à son tour l'amant de Libertine, avec une arme à feu. A nouveau, les deux femmes se battent violemment.

Avec Sans logique, Mylène évoque clairement la violence dans son texte. En effet, la chanson a pour thème la dualité entre le Bien et le Mal, la folie et le dédoublement de personnalité. Sous l'apparence innocente se cache une facette bien plus sombre, voire dangereuse : « Mon silence est meurtrier, Vous me découvrez blafarde, Fixée à vos yeux si tendres, Je pourrais bien par mégarde, D'un ciseau les fendre ». Le clip reprend cet aspect violent, puisqu'il met en scène une corrida humaine. En face d'un public âgé, Mylène est parée d'une couronne à cornes de taureau. Lors du spectacle malsain, le public jette des pièces, que les enfants ramassent. A la fin du clip, elle transperce son amant, le tuant après qu'il ait agonisé. Sur la dernière image, Mylène pleure une larme de sang. Le message du clip semble être le suivant : le monde des adultes est résolument corrompu et violent.

A l'occasion de retour en 1991 avec Désenchantée, Mylène propose un clip dont toute l'ambiance est violente. Tout d'abord, le clip se déroule dans un camp de travail forcé, tel un camp de concentration ou d'une goulag. Arrivée au camp, après avoir été malmenée par les gardiens, l'accueil qui lui est réservé de la part des autres prisonniers est aussi glacial que le climat. Après avoir été lapidée par des boules de neige et des pierres, un jeune garçon lui vole son béret après l'avoir violemment frappée. Les conditions de détention sont déplorables. Un vieil homme handicapé est attaché dehors et contraint d'avaler une étrange nourriture, un enfant est battu par les gardiens. Lors du repas, lasse de voir tant d'oppression et d'inhumanité, Mylène se lance dans une mutinerie, en devenant l'instigatrice de cette révolte. Les prisonniers suivent Mylène dans sa décision et détruisent tout le matériel et attaquent physiquement les gardiens. Armés, les prisonniers, y compris le jeune garçon qui porte une mitraillette, abattent les gardiens et saccagent le camp, leur prison et galère. Mais la fin du clip demeure très pessimiste, puisqu'une fois libres et face à l'immense pleine enneigée, les détenus semblent totalement démunis, sans aucune perspective d'avenir. Ce clip reste l'un des plus sombres de Mylène, mais aussi un des plus violents. A nouveau, le monde des adultes est associé à la corruption et à la violence. De plus, la lutte semble vaine et tout espoir d'une vie meilleure semble utopique. La nature humaine est résolument noire et violente.

Dans le clip Je t'aime mélancolie, Mylène, vêtue de manière très sexy avec un porte-jarretelles, exécute un combat de box face à un imposant boxer. Alors que le combat débute, les règles traditionnelles semblent occultées. Mylène reçoit des coups violents de la part de son adversaire. Après une séance de soutien spirituel, l'avantage va à Mylène, qui termine par remporter le match. Mais là encore, la fin se finit de façon triste, puisqu'elle se retrouve seule, telle désarmée face aux tracas de la vie. On peut percevoir une métaphore d'un combat entre les sexes. Dans un premier temps, l'homme est supérieur à la femme, du moins physiquement. Mais comme elle le dira quelques années plus tard dans Méfie-toi, « Au jeu du corps à corps, L'esprit est bien plus fort » (...), « La force est féminine ».

Avec Beyond my control, Mylène atteint un nouveau paroxysme. Le thème de la chanson est celui de l'amour passionnel amenant à commettre le crime passionnel. Inspirée du film Les liaisons dangereuses, la chanson comporte plusieurs vers particulièrement violents. Ainsi, lorsque Mylène susurre « Je n'comprends plus pourquoi, J'ai du sang sur mes doigts », elle évoque le meurtre qu'elle vient de commettre: "Il faut que je ta rassure, Je soignerai bien tes blessures / mon amour, (...), Je veillerai ta sépulture / mon amour », autrement dit celui de son amant. Le clip sera lui bien plus choquant. Outre les images érotiques à la limite de la pornographie, les images de vampirisme et de loups dévorant de la chair humaine choqueront elle aussi. Mylène incarne une femme vampire, qui tue son amant après avoir découvert l'infidélité de ce dernier. Elle lui suce le sang, le tue et jette sa carcasse aux loups, qui le dévorent. La scène du bûcher symbolise quant à elle la douleur causée par cet amour déchu et trahi. Cette fusion entre sexe, sang et vampirisme n'aura pas plus, puisque le clip sera totalement interdit de diffusion diurne. On voit à nouveau que le sexe et l'amour sont fatalement destinés à une fin violente et tragique.

Que mon c½ur lâche évoque le SIDA et le désarroi et la perversion de l'amour. Le clip reprend ce thème. Incarnant un ange, Mylène est envoyée sur scène par Dieu pour constater l'ampleur des dégâts causée par la perversion. Elle assiste à une scène de violence conjugale, où une femme est giflée et violemment grondée, où son conjoint lui hurle dessus. En guise de vengeance et de punition, Mylène gifle à son tour l'homme violent. A l'entrée de la fameuse boîte de nuit intitulée Q, un gardien hostile refuse certains hommes avec des baffes fortes. A la fin du clip, elle finit par entrer dans cette mystérieuse boîte, où se côtoient tous les fantasmes sexuels. Dans ce clip, le sexe est explicitement associé à la violence, comme auparavant. La maladie a jeté une aura négative sur le sexe, déjà considéré comme tabous avant.

Giorgino, le premier long-métrage de Laurent Boutonnat et premier film avec Mylène, atteint un sommet inégalable de violence et de mal-aise. Les thèmes fondateurs du tandem se retrouvent dans ce film inaccessible et étrange : la folie, la guerre, le sexe, l'enfance ou encore la mort. La guerre est à nouveau la toile de fond principale. Rappelons que la Première guerre mondiale est particulièrement atroce, notamment dans les combats des tranchées. A plusieurs reprises, le film démontre des images réellement violentes et choquantes. Lorsque Giorgio se rend à l'hôpital psychiatrique à la recherche du docteur Degrâce, il est contraint de passer par les sous-sols infâmes où évoluent des fous, dans des conditions effroyables, même pas dignes d'animaux tels que les rats. Complètement aliénés, ils vivent dans leurs immondices et sans lumière. On retrouve aussi le thème tabou du suicide, puisque la mère de Catherine s'est suicidée par pendaison. Les femmes, ayant appris le suicide de madame Degrâce, refusent de lui accorder des funérailles, car le suicide est le seul acte impardonnable par l'Eglise. De colère, Catherine se venge en soufflant les bougies allumées en l'honneur des hommes partis à la guerre. Les femmes du village frappent alors Catherine, alors étendue sur le sol tout en sang. Les scènes des traitements de l'époque pour les internés sont aussi spécialement choquantes. On voit notamment le supplice de la douche froide, où les personnes enfermées hurlent éperdument. Le sexe est aussi lié à la violence. Alors que Giorgio tente une première fois de faire l'amour à Catherine, celle-ci le repousse violemment, après avoir saigné. Puis lorsqu'elle tente de se suicider par pendaison, il la pénètre violemment. Cette scène peut choquer, puisqu'il peut évoquer une métaphore de la nécrophilie. Comme on le sait, Giorgino sera un échec cuisant. Peut-être la dureté de certaines images et l'inaccessibilité du film au grand public expliquent ce douloureux revers.

Avec le clip California, Mylène a choisi un réalisateur connu pour ses films violents et dérangeants : Abel Ferrara. Mylène incarne deux prostituées, mais de milieux totalement différents, ou une prostituée des bas-fonds et une femme de la haute bourgeoisie. La violence sexiste est ici très présente. En effet, le mac de la prostituée des bas-fonds est violent verbalement et physiquement. Après cette altercation, il n'hésite pas à l'embrasser dans le cou. Le second couple, d'un milieu très aisé, se dispute également. Leurs regards vont se croiser sur un boulevard, comme si elles se connaissaient. La prostituée « bas de gamme » est violentée avec un couteau par son souteneur, qui l'estime pas assez concentrée à son travail. La femme luxueuse essaye de la rejoindre, mais son ami l'en empêche. C'est alors qu'elle le gifle. Dans une soirée mondaine, elle change d'apparence, puisqu'elle se dénude sa tenue et se rend sur le trottoir où elle a rencontré sa jumelle. On constate alors qu'elle est décédée, assassinée par son mac. Pour assouvir son envie de vengeance, elle séduite le mac puis le tue en le poignardant avec sa pince à cheveux, symbole de féminité. A nouveau, le clip traite de la violence machiste, que les hommes font subir aux femmes. L'homme, se croyant supérieur, profite de la femme, physiquement et financièrement, puisque le mac exploite la prostituée. Le sexe est encore une fois associé à la violence, puisque la prostitution est une activité violente et dégradante et que l'homme n'hésite pas à recourir à sa force pour assouvir ses désirs sexuels. Cette dualité entre féminin est masculin était déjà présente dans Je t'aime mélancolie.

Comme j'ai mal met en scène la violence infligée aux enfants, autre forme de violence scandaleuse avec celle infligée aux femmes. Tandis que Mylène, seule, se trouve dans un placard, on aperçoit une petite fille en compagnie d'insectes. Soudain, un homme, sans doute son père, entre dans sa chambre et saccage rudement la pièce, tout en vociférant. L'homme sort également sa ceinture dans le but de frapper la fillette. On voit aussi un plan qui montre une femme apeurée, sûrement la mère de la petite fille, également martyrisée par son mari. Libérant ses amis insectes, elle se métamorphose en femme-insecte, qui s'avère être Mylène. On aperçoit à nouveau l'homme, qui semble rongé par la culpabilité de voir sa fille partie. L'enfance, autre thème très régulier chez Mylène, est victime de la violence des adultes et de leur stupidité.

En 1999, Mylène revient avec L'âme-stram-gram comme premier single de son nouvel album Innamoramento. Pour l'occasion, il offre un de ses plus beaux clips et l'un de ses plus réussis, à l'allure d'un court-métrage. Tourné en Chine, il met en scène deux jumelles batifolant avec des voiles colorés dans un jardin édénique. Soudain, une horde cavalier barbare, tels les Huns, débarquement brutalement et les séparent. Tandis qu'une des jumelles est enlevée, l'autre est frappée violemment à la tête et s'évanouit. La scène qui suit met en scène des images dures de torture et de pendaison. L'autre jumelle parvient à rejoindre sa moitié, en se suicidant. Mais étant maintenant un esprit, il rejoindre l'au-delà, ce qui cause le désespoir de sa s½ur, qui met à son tour fin à ses jours. Ce clip aborde le thème de la violence masculine à l'encontre des femmes, et la violence de l'âme humaine en général, puisqu'il illustre des scènes d'exécution et de torture particulièrement dures. Mylène s'est très souvent intéressé à au côté obscur de l'âme humaine et est très souvent tournée vers la face sombre du monde.

Avec Je te rends ton amour, Mylène subit à nouveau la censure. En effet, le mélange de sexe, de sang, de violence et de religion n'aura pas du tout plu au CSA et à un comité de mères de famille catholiques. Se déroulant dans une abbaye, Mylène incarne une femme aveugle. Suivant de très près par un abbé aux yeux rouges, qui s'avère être démoniaque, elle se rend au confessionnal. Du sang commence à couler de ses bras, telles des stigmates, et de ses cuisses, métaphore de la souillure sexuelle lors du premier rapport sexuel. Le démon la saisit alors brutalement. Mylène, nue recouverte de sang, au côté d'une marre de sang qui coule abondamment, est violée par le prêtre diabolique. On aperçoit aussi Mylène complètement ensanglantée sur une croix, tel le Christ. Lorsque le démon repart, il plonge sa main dans un bénitier plein de sang et laisse Mylène, désormais nue, baigner dans cette immense marre de sang, où elle dépose son alliance. Elle repart, mais sous une autre apparence. Elle est habillée d'une longue robe noire, les cheveux libres et a retrouvé la vue. Ce clip, l'un des plus beaux de sa carrière, mais aussi l'un des plus choquants, sera totalement interdit de diffusion intégrale le jour. La religion a souvent été abordé sous un mauvais angle, comme cruellement absente et illusoire, tout comme le sexe, ici montré sous un mauvais jour.

Optimistique-moi est l'un des textes de Mylène les mieux rodés, car parfaitement rédigés, même si toujours très mystérieux. Il semble que le thème principal soit l'inceste et les rapports difficiles entre parents et enfant. Le refrain peut faire légitimement penser à des mauvais traitements, suivis d'attouchements sexuels. Ainsi, le vers « Petit bouton de rose, Aux pétales humides, Un baiser je dépose » semble évoquer l'affection débordante que porte le père à sa fille...Mais il semble que la victime subisse aussi des coups physiques « Qu'aussitôt, tes câlins, Cessent toute ecchymose ». En plus d'entendre clairement le mot « inceste » à la suite de ses mots, les fameux « câlins » semblent atténuer des violences physiques, perpétrées soit par le père, ou alors une autre personne, la mère par exemple. Optimistique-moi est non seulement l'un de ses textes les plus opaques, mais aussi l'un des plus fascinants, car on ne connaît pas la véritable signification des paroles.

En 2001, pour la sortie de son premier véritable best of intitulé Les mots, Mylène choisit la célèbre photographe allemande Ellen Von Unwerth. Outre les accusations qui prétendent que Mylène prône le porno-chic où elle pose de manière sexy et sensuelle (signalons que c'est une absurdité totale, puisque le vrai porno-chic, ce n'est pas Mylène, loin de là !, même si les clichés sont effectivement suggestifs), certaines photos interpellent également. Le best-of sortira peu de temps après le choc causé par les attentats du 11 septembre. Les photos montrant Mylène portant une arme, plus précisément une mitraillette, peuvent choquer. Sur certaines photos, elle tient son arme fièrement ou alors en souriant. Certains fans n'hésiteront pas, en raison du contexte délicat des attentats, de qualifier ces clichés de violence gratuite et d'images de guerre. La série de photos du best-of semble être une rétrospective de sa carrière et c'est sans doute pour cette raison que Mylène reprend cette image violente, similaire à celle présente dans le clip Désenchantée par exemple.

Avec Fuck them all, Mylène véhicule un message féministe. Plus précisément, elle évoque le sort douloureux bien trop souvent réservé aux femmes dans le monde, notamment les violences infligées par les hommes. Tout d'abord, le titre, choquant au premier abord, s'adresse à la gente masculine. Les femmes sont érigées telles des martyres, comme l'expliquent les vers suivants : « Faire...de leur vie un empire, Blood and tears !, Faire l'amour à Marie, Blood and tears !, Et « Marie » est martyre, Blood and tears, Sur le mur nos soupirs ». Il est ici question de l'utilisation des femmes par les hommes pour parvenir à leurs fins, mais aussi de la violence conjugale. Par ailleurs, Marie peut symboliser la Vierge ou alors l'actrice Marie Trintignant, morte sous les coups de son conjoint Bertrand Cantat. Le refrain rappelle cette agressivité commise par les hommes sur les femmes : « Faites l'amour, Nous la guerre, Nos vies à l'envers, (...), Saigner : notre enfer !, (...), Blood and soul, Faites le nous !, Dans le texte, Le sang c'est le sexe ». Les rôles sont inversés, les femmes partent en guerre contre les hommes, pour mettre un terme à tant d'oppression. On note à nouveau l'importance du sang, symbole des violences physiques, et même sexuelles dans le dernier vers. Le fameux bridge en anglais lors du pont musical est volontairement vulgaire et violent. En effet, le discours misogyne qu'est « Hey bitch, You're not on the list, You suck, You witch, You bitch, What's you name again?” est un triste constat sur les propos tenus par certains hommes. En français, cela donne : « Hey salope, T'es pas sur la liste, Tu crains (ou tu suces), Toi sorcière, Toi salope, C'est quoi ton nom déjà ? ». Le message est suffisamment clair. Le sexisme et la misogynie sont actuellement en plein essor, notamment dans le milieu hip-hop, la publicité porno-chic et dans la pornographie. Ainsi, les femmes ne sont que de vulgaires objets et des salopes, qui ne méritent pas le respect (pardonnez-moi l'expression), destinées à assouvir les pulsions sexuelles des hommes. Mylène a écrit là un texte féministe de manière explicite. Le clip reprend ce message de dualité entre féminin et masculin. On retrouve à nouveau le thème du double, puisque Mylène apparaît sous deux personnages. Le premier la représente en cavalière vengeresse, et la seconde la dépeint en femme prisonnière et martyre. Pour contenter son envie de vengeance, elle se munit d'un sabre et abat et décapite les épouvantails. Il peut s'agit d'une allégorie des hommes, si l'on se réfère au propos de la chanson. Selon l'artiste suisse Marcial Leiter, créateur des épouvantails, ils symbolisent le côté noir de l'être humain. Mais les lectures du clip sont variées, même si la violence occupe une place importante.

Avec le clip Peut-être toi, constitué entièrement de dessins-animés tel un manga, particulièrement réussi d'ailleurs, on retrouve le thème de la guerre et de la violence engendrée par les hommes. Prisonnière d'un joug composé d'une armée de soldats de robots, elle est libérée par son partenaire et aussi amants. Ensemble, ils affrontent un bataillon de soldats destructeurs et armés. A la fin du clip, le couple, apparemment sain et sauf, est transpercé d'une flèche, métaphore de la flèche du Cupidon, et donc de l'amour. L'amour, sentiment puissante mais aussi dévastateur, est inexorablement lié à la violence et la perte. On peut également entretenir une parallèle avec la fatalité du mauvais côté de la nature humaine.

La violence occupe une place essentielle dans la carrière de Mylène. Qu'il s'agisse de ses clips ou de ses textes, les différentes formes de violence ont été abordées à plusieurs reprises. C'est l'une des raisons pour laquelle son ½uvre est unique, car elle aborde des thèmes douloureux, voire tabous, toujours avec son talent si particulier.



Un immense merci à Mylenexxl pour le magnifique gif, comme toujours^^

# Posté le samedi 17 mai 2008 04:36

Modifié le samedi 17 mai 2008 08:23

Les pokémons

Les pokémons
Parmi mes passions enfantines figurent les Pokémons^^ J'adore ces petites créatures, entre charme et force. Lors de la Pokémania, il y a quelques années déjà, je prenais un grand plaisir à regarder les épisodes télévisés et à jouer aux jeux vidéos, Nintendo 64 et Game boy en tête.

J'apprécie le fait que ces créatures soient assimilées à l'univers des mangas, d'autant que certaines sont à craquer. De plus, c'est aussi quelque part un jeu de combat et de lutte, mais réservé aux enfants et jeunes personnes, dénoué de toute violence. C'est un jeu d'entrainement et de persévérance, mais aussi de fidélité et de passion. En effet, les Pokémons sont très importants aux yeux de leur dresseur.

Il existe plusieurs types de Pokémons, représentatifs des divers éléments terrestres et autres capacités. Pour les connaisseurs, mes Pokémons favoris sont les Psys (leur pouvoir est immense), les Glaces (j'adore la glace), les Eaux (très forts aussi et j'adore le monde aquatique), mais aussi les Dragons (aux pouvoirs exceptionnels), les Spectres (mystérieux et puissants à la fois) et les Démons (très efficaces aussi).

Parmi mes Pokémons préférés (pour ceux qui connaissent donc^^) figurent: Pikachu, Rondoudou, Alakazam, Hypnomade, Ectoplasma, Aquali, Lamantine, Artikodin, Mew, Mewto, Noctali, Mentali.

Je vous invite à découvrir ou redécouvrir ce jeu et ses sympathiques personnages.

# Posté le lundi 12 mai 2008 08:44

Modifié le mardi 13 mai 2008 07:40