Edgar Allan Poe (1809-1849)
Cet écrivain américain torturé et précurseur du style fantastique fait partie des auteurs favoris de Mylène, avec Charles Baudelaire, qui a d'ailleurs traduit les ½uvres de Poe. Dès le début de sa carrière, elle répète son admiration envers cet écrivain méconnu dans un certain temps. Ses écrits se rapprochent du romantisme, où se côtoient passion, mort et drame. Il connut un fin tragique, en étant ruiné, malade et alcoolique. Mylène lui rend un sublime hommage avec Allan. Elle cite même directement une nouvelle de l'écrivain, intitulée Ligeia, ainsi que quelques vers de cette ½uvre : « Pauvres poupées, Qui vont qui viennent, Allan Allan, Pauvre fantôme, Etrange et blême, (...), L'étrange Ligeia renaît en moi, De tout mon être je viens vers toi ! » Ligeia raconte le destin tragique d'un homme incapable de surmonter la mort de la femme qu'il aime et qui la retrouve quelques années plus tard sous une forme réincarnée. Les « pauvres poupées » sont reprises mot pour mot d'après cet extrait : « Pauvres poupées qui vont qui viennent, Au commandement des vastes êtres sans forme ». L'amour passionnel connaît une issue dramatique, qui est l'un des thèmes récurrents du romantisme.
Charles Baudelaire (1821-1867)
Voici l'un des écrivains fétiches de Mylène, puisqu'elle avoue que son ½uvre Les fleurs du mal est un de ses livres de chevet préférés. Cet écrivain culte et génial connut aussi une existence douloureuse, réunissant déceptions amoureuses, incompréhension publique, alcool, drogue et envies suicidaires. Il s'agit d'un des poètes les plus torturés, mais aussi un des plus brillants. De plus, il a dû affronter plusieurs fois la censure (tout comme Mylène), notamment pour son recueil de poèmes Les fleurs du mal, où il était contraint de retirer poèmes, jugés immoraux, notamment en raison de certains textes à connotations saphiques. Mylène lui rend un superbe hommage en choisissant son poème L'horloge (extrait du livre Les fleurs du mal) pour l'ouverture de son album Ainsi soit je...Ce poème évoque un thème cher au romantisme et à Charles Baudelaire : la fuite du temps et le combat perdu d'avance contre ce temps qui passe. Il suffit de lire quelques vers pour s'apercevoir de l'angoisse et du désespoir que cause que crainte du temps écoulé : « Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit "Souviens-toi !, (...),Trois mille six cent fois par heure, la Seconde, Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix, (...),Souviens-toi que le temps est un joueur avide, Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi, Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !, Le gouffre a toujours soif: la clepsydre se vide ». Cette chanson servira d'ailleurs d'ouverture au Tour 89, preuve que ce thème est également cher aux yeux de Mylène. Un autre ouvrage majeur de Baudelaire peut également avoir inspiré Mylène : Les paradis artificiels. Ces fameux « paradis artificiels » ne sont autres que les drogues, source de création et de libération de la souffrance existentielle. Ainsi, il est fort probable que les vers suivants de Serais-tu là ? lui soient dédiés : « Je voudrais être Opium, Me ferais Narguilé, Particule d'Hélium, Partir tout en fumée ». En effet, cette chanson évoque la culpabilité et la souffrance engendrée par une relation amoureuse douloureuse. L'amour funeste est un thème récurrent chez Baudelaire et dans le mouvement romantisme et symboliste en général.
Marquis de Sade (1740-1814)
Il n'est pas étonnant de retrouver cet auteur décrié mais talentueux malgré tout chez Mylène. En effet, l'érotisme est un thème prédicateur chez Mylène, même si la violence et la perversion de l'écrivain ne sont pas présentes. Elle a cité plusieurs fois le Marquis figurant dans ses lectures. Ecrivain emblématique du mouvement libertin, son hédonisme allait encore plus loin que celui des autres libertins. Il passa d'ailleurs de nombreuses années en prison ou en hôpital psychiatrique. Son comportement sexuel était du registre de la violence, de la perversion et de la cruauté. D'ailleurs, Sade a donné naissance au mot « sadisme », désignant le plaisir à voir souffrir autrui. La première référence au Marquis de Sade se trouve dans Libertine, inspiré du livre Justine ou les infortunes de la vertu : « Entre mes dunes, reposent mes infortunes, C'est nue que j'apprends la vertu ». Les clips de Libertine et de Pourvu qu'elles soient douces (qui rappelons-le est une ode à la sodomie, pratique dont le Marquis de Sade était friand, autant en passif qu'en actif) sont une référence appuyée au libertinage, même si pas aussi violent et cruel que les pratiques de Sade. Outre ses écrits pornographiques et violents, Sade a également rédigé des textes philosophiques, où il rejette notamment l'autorité religieuse. Un autre ouvrage du Marquis a également influencé Mylène pour L'âme-stram-gram, texte joliment coquin, à savoir La philosophie dans le boudoir. Mylène reprend une expression présente dans le livre : les « n½uds mâles ». Ces « n½uds mâles » désignent tout simplement le pénis, ou plus précisément le gland. Ainsi, les vers suivants sont très osés : « Pique dame, Âme-stram-gram, Pique, pique-moi dans l'âme, Bourrée bourrée de n½uds mâles, Âme-stram-gram, Pique dames ». Les paroles sont suffisamment explicites pour comprendre leur sens sexuel. Avec ce texte, Mylène joue parfaitement avec les mots, en créant de belles tournures et insinuation. Citons entre autres les vers suivants : « J'ouïs (jouis) tout ce que tu confesses, Et l'essaim (les seins) scande l'ivresse », (...), Et l'essaim (les seins) bat la mesure », autre allusion très claire.
Emile Cioran (1911-1995)
D'origine roumaine, ce philosophe est sans doute l'un des écrivains les plus pessimistes. L'½uvre de Mylène est à tendance mélancolique et noire, et il est donc logique de retrouver Cioran parmi ses références tourmentées. Elle s'est toujours dite attirée par l'½uvre du philosophe mais aussi par son charisme. Son ½uvre est une critique sur les illusions humaines, source de désenchantement et de désespoir profonds. Il pose même le suicide comme seul exutoire possible à la souffrance existentielle, plaçant la vie comme insurmontable. Néanmoins, son ½uvre est également composée d'humour et de dérision. Plusieurs chansons de Mylène traitent des désillusions et du désespoir : Tristana, La ronde triste, A quoi je sers, Désenchantée, Il n'y a pas d'ailleurs, Comme j'ai mal etc.). Désenchantée est sans doute la chanson la plus inspirée par Cioran : « Nager dans les eaux troubles, Des lendemains, Attendre ici la fin, Flotter dans l'air trop lourd, Du presque rien, A qui tendre la main, (...), Si la mort est un mystère, La vie n'a rien de tendre, Si le ciel a un enfer, Le ciel peut bien m'attendre ». Avec Je t'aime mélancolie, Mylène use de l'ironie et de l'auto-parodie : « Quand tout est gris, La peine est mon amie, Un long suicide acide, Je t'aime mélancolie, Sentiment qui, Me mène à l'infini, Mélange du pire, de mon désir, Je t'aime mélancolie, (...),C'est ton amie aussi, C'est l'élixir de mes délires, Je t'aime mélancolie ». Elle prend du recul par rapport à ses déboires existentiels, afin de dédramatiser la situation.
Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Ce poète d'origine italienne et polonaise semble avoir inspirer Mylène à plusieurs reprises. L'½uvre de l'écrivain est souvent associé au monde pictural, selon ses propres aveux. La référence la plus flagrante est celle au Pont Mirabeau, que l'on retrouve dans California. Les vers d'Apollinaire « Vienne la nuit sonne l'heure, Les jours s'en vont je demeure » deviennent « Vienne la nuit et sonne l'heure, Et moi je meurs, Entre apathie et pesanteur, Où je demeure » chez Mylène. La nostalgie du poème d'Apollinaire se retrouve dans le texte de Mylène. D'autres poèmes rappellent l'univers de Mylène, notamment les clips Sans contrefaçon et Souviens-toi du jour...Ainsi, le poème Saltimbanques évoque le clip Sans contrefaçon et certains vers du poème Le brasier rappelle le clip Souviens-toi du jour... : « Et voici le spectacle, Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil, Ma tête aux genoux mes coudes vain pentacle, Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles ».
Francesco Albertoni (1929)
Ce sociologue italien a traité principalement de l'ambivalence des sentiments amoureux, autre thème cher à Mylène. Elle reprend un terme utilisé par le sociologue pour un de ses ouvrages majeurs : Innamoramento. En baptisant ainsi son album en 1999, elle laisse présager un album traitant du sentiment amoureux. En effet, Innamoramento décline l'amour sous toutes ses formes. Traduit littéralement, ce terme signifie s'énamourer, verbe obsolète et très peu employé de nos jours. En français, le livre a cependant été traduit par Le choc amoureux. Ainsi, la chanson d'ouverture de l'album, L'amour naissant, évoque les difficultés rencontrés lors d'une relation amoureuse : « Quelle est celle qui ne s'est noyée, Dans ses larmes, L'océan a froid, ma vie comme la, Fille de Ryan, (...),Tu es l'amour naissant, Gravé sur la pierre, Stèle des amants, Vois comme c'est lourd, c'est lent, C'est un revolver, Père, Trop puissant ». Par ailleurs, Innamoramento est un mot qui touche particulièrement Mylène, car on retrouve le mot Amen, mais aussi Amour et Mort, regroupant ainsi le triptyque amour, religion et mort, thèmes chers à Mylène. Dans la chanson éponyme, traitant également de la difficulté et de la souffrance sentimentale, Mylène reprend quasiment les mêmes vers utilisés par l'auteur : « L'inconnu a meurtri plus d'un c½ur, Et son âme s½ur, On l'espère, on l'attend, on la fuit même, Mais on aime ». L'amour est à nouveau fatalement lié à la passion et il est très difficile de faire perdurer cette passion, qui finit bien souvent de façon tragique.
Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)
Aviateur de formation (il mourut d'ailleurs lors d'une mission militaire), Saint-Exupéry était également un écrivain remarqué et confirmé. Mylène s'inspire d'un de ses livres les plus célèbres au monde, à savoir Le petit prince, dépeint comme un conte philosophique. L'histoire raconte la destinée d'un petit garçon quittant un astéroïde minuscule, son lieu d'habitation, avec pour seule compagnie une rose égoïste. Un jour, il quitte sa planète et se retrouve sur la Terre, où il fait la connaissance de plusieurs interlocuteurs, dont l'auteur. Mais triste de ne pas être chez lui, il demande à un serpent de le mordre. Il s'agit là d'une sublime métaphore d'un suicide. Ce roman initiatique est une ode au rêve et à l'esprit enfantin, débordant d'imagination. Mylène s'inspire de ce conte dans Dessine-moi un mouton, une invitation au rêve : « Dessine-moi un mouton, Le ciel est vide sans imagination, C'est ça, Dessine-moi un mouton, Redevenir l'enfant que nous étions, (...),Le rêve est bulle, De vie, Un bien majuscule, Utile au chagrin, Déconfiture, Des pépins, Mais je veux croire, En l'au-delà ». En 2002, Mylène publie son premier livre, Lisa Loup et le conteur et présenté comme un conte philosophique, tout comme Le petit Prince. Mais la similitude ne s'arrête pas là. En effet, l'histoire rappelle celle du Petit Prince. Lisa, une fillette solitaire et triste, envahie par l'ennui, rencontre un jour un petit garçon tout plat, Loup. Mais là où le roman de Saint-Exupéry se termine mal, Lisa-Loup et le conteur porte un message d'espoir. Lisa parvient à rencontrer une personne qui lui donne un véritable sens existentiel à sa vie. Par ailleurs, les dessins de Mylène rappelle le style enfantin et naïf du Petit Prince, tout comme le clip C'est u ne belle journée, sans doute une suite de Lisa-Loup et le conteur. On retrouve une autre référence à un personnage du conte dans Et pourtant.... La symbolique de la rose est présente dans les vers suivants : « Si les roses, Etaient si belles... fleuries, Rien de grave, Elles n'ont pas su... l'épine ». Voici une autre preuve de l'attachement que porte Mylène à cette ½uvre mythique.
Emily Dickinson (1830-1882)
Cette poétesse américaine fut méconnue de son vivant (comme beaucoup d'autres artistes), mais fortement reconnue après sa mort. Elle est considérée comme l'un des plus grands écrivains américains du 19ème siècle. Néanmoins, son ½uvre demeure peu connue du grand public, ce qui n'enlève rien à son talent indéniable. Son ½uvre est désabusée, traitant notamment de l'absence du Dieu, thème que l'on retrouve chez Mylène à plusieurs reprises (notamment dans Sans logique et Désenchantée). D'ailleurs, dans Désenchantée, le vers « Si le ciel a un enfer, Le ciel peut bien m'attendre » est inspiré de la phrase « Le ciel a un enfer ». Ainsi, dans Nous souviendrons nous, chanson nostalgique et triste à souhait, le vers « Aux vies qui s'abaissent à voir la mienne » fait clairement écho à un passage d'un poème d'Emily Dickinson « Aux vies qui s'abaissent à remarquer la mienne ». Avec Vertige, Mylène reprend la fameuse phrase « L'éveil d'un sens nouveau, des instincts de danse » en l'adoptant ainsi dans le texte : «L'éveil d'un sens, L'instinct d'une danse : je vertige de vivre ! ». Dans Eaunanisme, on retrouve le vers J'irai lui dire (...) que sa vie rare est cachée dans le velours », rappelant « Sa vie rare est cachée » d'un autre poème. Quelques années plus tard, dans Les mots, Mylène reprend la citation déjà présente dans Nous souviendrons nous en anglais mot pour mot. En outre, on retrouve une autre strophe dans Les mots extraite d'un poème de Dickinson. Cette poétesse n'a jamais été citée directement par Mylène, mais il est indéniable qu'elle l'a fortement inspirée.
Paul Verlaine (1844-1896)
Tout comme Baudelaire, ce poète peut légitimement être qualifié de poète maudit. Il a connu les déboires de la censure (en raison de ses écrits considérés pervers, car traitant de l'homosexualité) et les tourments intérieurs. Mylène semble s'être inspirée de son poème Mon rêve familier dans Serais-tu là. Les vers du poème Mon rêve familier « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, D'une femme que j'aime, Et qui m'aime » deviennent « Quand je fais ce rêve étrange, Et quand, pénétrant tes songes » dans Serais-tu là ?. Verlaine évoque un amour rêvé, idéal et impossible, là où Mylène songe avec nostalgie aux erreurs qui auraient pu être évitées afin de connaître cet amour idyllique : «Chaque mot qu'on garde, Chaque geste qu'on n'a fait, Sont autant de larmes, Qui invitent au regret, (...),Si j'avais la foi du monde, En cette seconde, Serais-tu là ?, Si j'avais renoncé au monde, Et que rien ne compte, Serais-tu là ? ». Comme cité précédemment, Verlaine a abordé le sujet très tabou et condamnable à l'époque de l'homosexualité. D'ailleurs, il vécut une histoire d'amour avec Arthur Rimbaud. Un poème de Verlaine, Printemps, est parsemé d'allusions saphiques, transformées en de très belles métaphores : « Sève qui monte et fleur qui pousse, Ton enfance est une charmille, Laisse errer mes doigts dans la mousse, Où le bouton de rose brille ». Or, on retrouve des vers similaires dans Optimistique-moi, aux connotations érotiques évidentes : « Petit bouton de rose, Aux pétales humides, Un baiser je dépose ». On retrouve le même « Bouton de rose ».
Arthur Rimbaud (1854-1891)
Comme précisé plus haut, ce poète était l'acolyte et le partenaire intime de Verlaine est d'une grande renommée, même si méconnu par certains. Dans C'est une belle journée, les vers « Allongé le corps est mort, Pour des milliers, C'est un homme qui dort... » font immanquablement penser au célèbre poème Le dormeur du Val. Ce poème est d'un pessimisme accablant, sous ses allures de poème champêtre. En effet, dans un premier temps, il semble décrire un homme endormi dans un champ, alors qu'il s'agit de la macabre description d'un soldat mort au combat : « Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit ». C'est une belle journée reprend la même formule, à savoir apparence calme et joyeuse, mais vérité très sombre, puisque le thème central est la mélancolie et le suicide : « A moitié pleine est l'amphore, C'est à moitié vide, Que je la vois encore, (...),C'est une belle journée, Je vais me coucher, Une si belle journée, Qui s'achève, Donne l'envie d'aimer, Mais je vais me coucher, Mordre l'éternité, A dents pleines ».
Jean-Paul Sartre (1905-1980)
S'il existe une seule référence directe dans le répertoire de Mylène, on peut établir d'autres similitudes entre l'écrivain et la chanteuse. Jean-Paul Sartre est un des initiateurs du mouvement existentialiste, autre courant cher à Mylène, après Martin Heidegger (1886-1976). Apparu après les horreurs de la seconde guerre mondiale, ce mouvement aborde la valeur de l'existence. L'existentialisme se rapproche de l'humanisme, qui met également l'être humain comme figure centrale. Dans Vieux bouc, Mylène reprend un passage de l'½uvre culte Huit-Clos. Ainsi, on retrouve la fameuse phrase « L'enfer c'est les autres ». Mylène attache également beaucoup d'importance à deux termes récurrents chez Sartre : l'être et le néant. De nombreuses chansons évoquent le thème du but de l'existence même, notamment A quoi je sers (« Mais mon dieu de quoi j'ai l'air, Je sers à rien du tout »), Désenchantée (« Si la mort est un mystère, La vie n'a rien de tendre »), Il n'y a pas d'ailleurs (« Tu sais que ta vie, C'est ici ») et Méfie-toi («Il m'a fallut l'impasse, Donner ma langue au chat, Pour contrer l'existence ») . Quant aux mots « être » et « néant », on les retrouve à plusieurs reprises, comme par exemple dans L'amour naissant ou Innamoramento, pour ne citer qu'eux.
Primo Levi (1919-1987)
Cet écrivain italien d'origine juive est l'un des rescapés des terribles camps d'extermination élaborés par les nazis. Il a vécu l'horreur d'Auschwitz et l'a racontée dans un témoignage sublime intitulé Si c'est un homme...Il finit par mettre fin à ses jours, ne s'étant probablement jamais remis des horreurs qu'il a vues et vécues...Mylène lui rend hommage dans sa chanson Souviens-toi du jour..., en citant directement le titre du livre : « Et si c'est un homme..., Si c'est un homme... ». Cette chanson est un hommage à la Shoah, appelant au devoir de mémoire : « Quand le vent a tout dispersé, Souviens-toi, Quand la mémoire a oublié, Souviens-toi... ». Mais là où le récit de Primo Levi est très dur, voire pessimiste (à juste titre), Mylène opte pour une vision plus optimiste : « Souviens-toi que l'on peut tout donner, Quand on veut, qu'on se rassemble ». Pourtant, le refrain évoque clairement les camps d'extermination et rappelle l'univers de Si c'est un homme... : « Le souffle à peine échappé, Les yeux sont mouillés, Et ces visages serrés, Pour une minute, Pour une éternité, Les mains se sont élevées, Les voix sont nouées ».
Virginia Woolf (1882-1941)
Avec la chanson Dans les rues de Londres, Mylène rend un très bel hommage à l'écrivain britannique Virginia Woolf. Toute son existence fut tourmentée, autant son ½uvre que sa vie personnelle. Ses états dépressifs étaient dus aux abus sexuels qu'elle a subis étant enfant. Par ailleurs, elle a été une importante militante féministe. Sa vie se termine tragiquement, puisqu'elle met fin à ses jours. Dans sa chanson, Mylène évque directement l'écrivain : «Dieu a des projets pour elle, Et les rues de Londres, Souffleront sur des mystères, D'une autre fois..., Virginia ». Le reste des couplets met en scène le destin de l'auteur : «
Réduire la vie à..., Des formules indécises, C'est bien impossible, elle, Tu vois, se nuance à l'infini ». Outre son ½uvre, Mylène peut également être intéressée au combat pour la cause des femmes que menait Virginia, puisqu'il est fort probable que Mylène soit féministe dans l'âme (un article traitera de ce sujet plus tard).
Boris Vian (1920-1959)
Cet artiste était polyvalent, puisqu'il était musicien et écrivain à la fois. Son ½uvre est généralement tourmentée, violente et pessimiste. Parmi ses ½uvres, on retrouve J'irai cracher sur vos tombes. Se déroulant dans le sud des Etats-Unis, en pleine ségrégation raciale, ce récit relate l'histoire d'un homme noir à la peau blanche (sans doute atteint d'albinisme), qui a vu son frère se faire pendre pour avoir eu une relation avec une femme blanche. Partie de sa ville natale, il entreprend un stratagème pour venger la mort de son frère. Ce roman violent et cruel a inspiré Mylène dans la chanson Rêver, où J'irai cracher sur vos tombes devient « J'irai cracher sur vos tombeaux ». D'ailleurs, cette chanson évoque l'intolérance et l'ignorance des êtres humains menant à la violence et aux horreurs : « Et d'avoir condamné vos différences, Nous ne marcherons plus ensemble, (...),A force d'ignorer la tolérance, Nous ne marcherons plus ensemble ». Elle fait le songe d'un monde meilleur que le nôtre actuel, où se côtoient tous ces sentiments négatifs, et où l'harmonie et la tolérance semblent impossible : « J'ai rêvé qu'on pouvait s'aimer, J'avais rêvé du mot AIMER ».
Les amis écrivains de Mylène : Amélie Nothomb, Marc Lévy, Nathalie Reims et Salman Rushdie
Amélie Nothomb: Mylène entretient des rapports proches avec plusieurs personnalités littéraires. Tout d'abord, citons Amélie Nothomb, qu'elle avait rencontrée pour un entretien croisé pour le magazine Vogue édition allemande. Les deux femmes ont toujours eu une attirance réciproque. D'ailleurs, Amélie Nothomb reprend une scène du clip Sans logique dans son roman Attentat : la fameuse scène d'empalement avec les cornes métalliques de taureau. Elles se sont toujours appréciées. De plus, leurs univers comportent des ressemblances, notamment leur attrait pour le monde de l'enfance.
Marc Lévy: En 2003, Mylène illustre la pochette du roman de Marc Lévy Où es-tu ? avec son personnage que l'on retrouve aussi dans le clip C'est une belle journée et Lisa-Loup et le conteur. Les deux artistes ont toujours été amis, et plus durant une période, mais cela ne nous regarde pas. Il est l'un des auteurs les plus populaires en France.
Nathalie Reims: Depuis quelques temps déjà, Mylène est très proche avec Nathalie Rheims. Outre une référence à son roman Lumière invisible à mes yeux dans Derrière les fenêtres, Mylène incarnera un des personnages principaux de son livre L'ombre des autres (mêlant amour et spiritisme) pour une adaptation cinématographique, prévue en 2009. Malgré les critiques négatives sur son ½uvre littéraire, il fait partie de la nouvelle génération d'auteurs en France.
Salman Rushdie: Mylène s'est aussi liée d'amitié avec l'écrivain indien Salman Rushdie. Né de confession musulmane, il a été condamné à mort par des fanatiques religieux pour avoir renié sa religion et écrit un livre polémique intitulé Les versets sataniques. Dans ce livre, l'écrivain ne fait qu'évoquer l'aspect païen de l'islam. Mais les fanatiques religieux n'ont pas de limites et la tolérance est un mot absent de leur vocabulaire...
Bien évidemment, d'autres écrivains ont inspiré Mylène (Pierre Reverdy pour Rêver ou Luc Dietrich dans A quoi je sers), mais j'ai tenu à signaler les plus importants à mes yeux). Par ailleurs, lors de ses entretiens, elle a déclaré admirer d'autres écrivains, notamment Paul Coelho (L'alchimiste), Sogyal Rinpoche (Le livre tibétain de la vie et de la mort) ou encore Marie De Hennzel (La mort intime), ouvrages qui l'ont bouleversée.
Selon certains les références de Mylène aux écrivains seraient une preuve de manque d'inspiration ou même de plagiat. Mais ces critiques demeurent fortuites, car il s'agit avant tout d'un hommage, d'une preuve d'habileté littéraire et d'un talent irréfutable pour la poésie. D'ailleurs, Mylène possède un style d'écriture bien particulier, mêlant métaphores, rimes, néologismes (mots inventés), oxymores (mot de sens opposé associé) et autres adroits jeux de mots.
Un immense merci à Mylenexxl pour ce superbe montage, en tant que cadeau d'anniversaire.


