Pour sa première tournée, le Tour 89, Mylène propose un concert à la fois théâtral et quelque peu lugubre. En effet, l'ambiance rappelle l'esthétique sinistre des cimetières, lieux par ailleurs beaucoup appréciés par Mylène. Les décors sont composés de grille et de tombes. Pour l'entrée en scène, elle nous apparaît vêtue de façon vampirique en jaillissant de la lumière et parcourant ce cimetière en entonnant L'horloge. On retiendra de très bons moments, comme Sans logique, avec une chorégraphie efficace, où Mylène effectue son pas de danse le micro en main, Maman a tort et le confrontation parlée avec la choriste Carole Frédérick, Puisque, premier moment d'émotion, Pourvu qu'elles soient douces, moment dynamique tant attendu et que sert de présentation aux musiciens, Sans contrefaçon, autre moment phare où l'ambiance du clip est reconstituée grâce aux costumes, Jardin de Vienne, avec toute l'émotion sincère d'une Mylène bouleversée, Tristana, également mis en scène à la manière du clip, Ainsi soit je..., moment d'émotion majeur et ultime, Libertine, et ses nombreux rappels et enfin, Je voudrais tant que tu comprennes, un final de plus poignants et magnifiques...Avec cette première tournée, Mylène s'impose déjà comme une artiste qui maîtrise parfaitement la scène.
En 1996, Mylène entame sa 2ème tournée intitulée Tour 96, après la sortie de l'album Anamorphosée. A l'image de l'album, elle apparaît métamorphosée et cette transformation se retrouve sur scène. Le changement est radical, tant visuellement que musicalement. L'ambiance est plus futuriste, sexy et américaine, ce qui lui vaudra la comparaison d'avec Madonna et le surnom de French Madonna. Elle entre sur scène toute (dé) vêtue de blanc sur Vertige, encore plus énergétique que sur l'album studio. Elle avance sur un tapis roulant et interprète ensuite sa chanson. On retiendra les très bons moments que sont California, avec la fameuse chorégraphie bouddhique et langoureuse, Que mon coeur lâche dans une version pailletée et rock, Je t'aime mélancolie où la chorégraphie, l'une des meilleures de sa carrière, est parfaitement maîtrisée, Libertine, complètement réorchestré, L'instant X, Alice où Mylène est perchée sur la fameuse araignée qui descend du plafond, Sans contrefaçon, avec des drag-queen, Désenchantée, moment de pure folie, Rêver, grand moment d'émotion et sans doute la meilleure version live de ce titre, et le final XXL, avec effets pyrotechniques à l'appui. Ce show se veut lumineux et dynamique, mais ne délaisse pas pour autant les moments d'émotion (L'Autre..., Rêver, Laisse le vent emporter tout et Ainsi soit je...).
En 1999, après son retour avec l'album Innamoramento, Mylène fera une grande tournée de 43 dates, en passant par la Russie, intitulée Mylenium Tour. Ce spectacle est grandiose, mégalo pour certains, critique reprise plusieurs fois. L'ambiance est un condensé des deux tournées précédentes, mêlant mysticisme et dynamisme. Le décor est constitué d'une immense statue représentant Isis dans la posture de Bouddha. Le soin apporté aux tenues est remarquable, d'autant que les nouvelles chorégraphies sont élégantes. Pour l'entrée en scène, Mylène vise très haut. Elle arrive sur scène vêtue d'une robe perlée quasi transparente de la tête de la statue d'Isis qui se fend en deux sur l'instrumentale Mylenium. Elle descend doucement pour enfin arriver dans la main de la déesse. Malgré les critiques faisant part d'un son pas toujours maîtrisé sur certains titres, on retient d'excellents moments :L'âme-stram-gram avec la chorégraphie présentée à la télévision et un costume asiatique rappelant le clip, Il n'y a pas d'ailleurs où Mylène est sur la main de la déesse qui s'élève, Optimistique-moi et sa chorégraphie très efficace rappelant Claude François, Pourvu qu'elles soient douces, suivi d'un medley avec Libertine, Maman a tort et Sans contrefaçon, Regrets, très joliment interprété en solo, Désenchantée, réorchestré façon techno, Dessine-moi un mouton où Mylène est perchée sur la balançoire, California, dans une version jazzy très réussie, Je te rends ton amour, très bien mis en scène avec la plate-forme montante et le final sur Innamoramento. Ce show, grandiose de par la statue, des costumes magnifiques, a la particularité de mêler derniers titres de l'album Innamoramento, d'autres tubes (Beyond ma control, inédit sur scène, Rêver, Pourvu qu'elles soient douces, Regrets, également inédit sur scène, Désenchantée, California), et titres moins connus et jamais interprété sur scène (Il n'y a pas d'ailleurs, Mylène is calling et Dernier sourire, très beau moment d'émotion). Avec cette tournée, Mylène bat tous les records : elle est couronnée de succès et il semble qu'à chaque nouveau concert, elle propose davantage de moyens techniques.
En 2006, Mylène fera 13 dates à Bercy uniquement. Le spectacle s'annonce immense, car l'infrastructure scénique est intransportable, et s'intitule Avant que l'ombre...à Bercy. Mylène nous apparaît dans un caisson, cercueil ou sarcophage du haut de la scène de Bercy sur une intro endiablée, annonçant la chanson Peut-être toi. Elle descend ensuite pour atterrir sur la croix géante avant de se faire porter par 6 hommes sur l'avant de la scène. Mylène est aussi vêtue sexy comme sur les 2 tournées précédentes. Ce show réunit tous les ingrédients nécessaires: mise en scène et décors grandioses, éclairages magnifiques, costumes sublimes, voix parfaitement maîtrisée, chorégraphies efficaces, moments d'émotion et de partage et son excellent sur tous les titres, à la différent du Mylenium Tour. On retiendra les très bons moments comme l'entrée en scène évidemment, mais aussi : Porno graphique, avec une chorégraphie déjantée et originale, Sans contrefaçon, moment de délire et tube toujours aussi efficace où Mylène porte un costume rappelant l'univers étrange de Charlie et la chocolaterie, Q.I., dans une version plus langoureuse que dans l'album et avec une chorégraphie rappelant celles des ballets, C'est une belle journée, suivi du magnifique interlude avec les danseurs Los Vivancos, Ange, parle-moi, et son arrivée superbe sur un chandelier survolant toute la salle, Rêver, 3ème fois consécutive mais magnifique au niveau des éclairages, Désenchantée, dans une version électronique avec toujours le même engouement euphorique, Je t'aime mélancolie et sa très belle mise en scène avec chorégraphie et rideaux, Les mots, interprété en duo avec Abraham, qui chante très bien d'ailleurs, Déshabillez-moi, moment de rire et de délire, Fuck them all, fort réussi musicalement et visuellement et enfin le final, Avant que l'ombre..., sans doute le plus beau de tous, tant il est splendide et atteint un paroxysme. Ce spectacle reste le plus grand de tous, car on constate bien qu'il était réellement intransportable. Mylène aura choisi d'occulter l'album Innamoramento, ce qui est fort dommage. Mais elle aura choisi des moments dynamiques (Porno graphique, Sans contrefaçon, Q.I., C'est une belle journée, Je t'aime mélancolie, Fuck them al) et un tableau d'émotion qui rend très bien (Ange, parle-moi et sa très belle mise en scène, Redonne-moi, Rêver, L'Autre..., dans une très belle version et enfin Les mots, chanté avec Abraham Laboriel). On constate effectivement que plus le temps passe, plus Mylène adopte une débauche de moyens pour ses spectacles, ce qui lui confère une réputation de bête de scène.
Mon concert favori a longtemps été le Mylenium Tour, tout comme mon album préféré était Innamoramento. Pourtant, avec le temps j'ai appris à apprécier Avant que l'ombre...autant que son prédécesseur. A mon sens, Avant que l'ombre...à Bercy atteint l'apothéose. En effet, le final est le plus jamais réalisé et tous les domaines sont maîtrisés. Sur les concerts précédents, il est indéniable que le soin apporté aux costumes, aux chorégraphies et à la mise en scène est énorme, mais avec Avant que l'ombre...à Bercy, contrairement au Mylenium Tour, le son et la voix sont parfaitement maîtrisés. J'ai donc une petite préférence pour le dernier concert en date. Cela dit, selon les périodes, je préfère tel ou tel concert. Le Tour 89 m'avait surprise en bien. J'avoue apprécier beaucoup cette ambiance lugubre, d'autant que la mise en scène et les costumes fidèles aux clips me conviennent beaucoup. Le Tour 96 est très réussi d'un point de vue dynamique et pour l'originalité et l'innovation, d'autant que les costumes futuristes me plaisent beaucoup. Le Mylenium Tour est fabuleux visuellement. Cette ambiance mythologique me plait énormément, de même que pour moi les costumes de cette tournée sont les plus beaux.
Quoi qu'on dise, tous ses concerts sont somptueux et faramineux. Mylène est bel et bien une belle et une bête de scène. Attendons de voir ce qu'elle nous réserve pour ses concerts dans les stades. Si on suit la logique proposée jusqu'à présent, on peut espérer voir quelque chose de plus énorme encore que lors du concert précédent...
Et vous, quel concert préférez-vous?
"La scène n'a jamais eu un but lucratif pour moi".
"Jouer en public, c'est une émotion très belle mais très violente."
"La scène est un moment unique. Sur scène, on concentre toutes ses émotions, tous les états, autant d'éléments qui font 15 ans de votre vie. Il y a beaucoup de joies et beaucoup de peine. Je ne sais toujours pas vraiment qui est mon public. Ce qui nous réunit, ce sont les émotions fortes."
"La scène est un vertige qui vous porte vers le haut. J'aime son côté sensuel, foudroyant. C'est comme un orgasme."




